‹ La philosophie de MalebrancheChapitre 49 sur 237 · Traité de morale, I, ch. n · texte numérisé non relu

Traité de morale, I, ch. n

lâO PREMIÈRE PARTIE. — CHAPITRE II.

comprise et goûtée dans la lumière, la religion, mais connue avec évidence et devenue toute éclatante de la lumière intelligible de la raison, est la vraie philosophie.

Dans ce travail par lequel l'esprit tâche d'acquérir l'intelligence des vérités de la foi, les dogmes ont-ils un rôle analogue à celui des définitions en géométrie ? Non ; ils sont au-dessus de toute discussion, ils doivent être admis sans examen, ils sont supposés incontestables, mais c'est la théologie qui prend les dogmes pour principes et travaille à en tirer toutes les conséquences qu'ils contiennent, ce n'est pas l'œuvre de la philosophie. « Nous ne pensons aujourd'hui qu'à philosopher, dit Malebranche au commencement des Entretiens métaphysiques, et quoique vous soyez parfaitement soumis à l'autorité de l'Église, vous voulez que je vous parle d'abord comme si vous refusiez de recevoir les vérités de la foi pour principes de nos connaissances. En effet, la foi doit régler les démarches de notre esprit, mais il n'y a que la souveraine raison qui le remplisse d'intelligence ^ » En philosophie les dogmes ont le même rôle que les expériences en physique. Le principal objet de ceux qui veulent connaître la vérité, ce sont les idées claires. Mais il faut s'appuyer sur des expériences incontestables. Les

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