‹ La philosophie de MalebrancheChapitre 54 sur 237 · Jd,, IX · texte numérisé non relu

Jd,, IX

l'ordre naturel (physique et moral) sans le voir agissant dans l'ordre surnaturel ; et, puisque sans la foi le surnaturel demeure inconnu, sans la foi la philosophie est nécessairement incomplète. Mais il y a plus, comme l'ordre naturel existe pour Tordre surnaturel, comme au fond tout existe en vue de Jésus-Christ, sans la foi, l'ordre naturel lui-même manque de son explication la plus haute ; il est donc mal connu ; la dernière fin des choses nous échappe, et le grand secret de la Providence que pourtant nous pouvions connaître, nous reste forcément inconnu. Enfin, dans les limites mêmes de Tordre naturel, accessible à la raison, on est à chaque instant en danger de s'égarer. Sans la foi, on est sans secours et sans protection contre tant de séductions, d'illusions et d'erreurs. « Ces fantômes caressants * > nous attirent et nous entraînent, « ces fantômes effrayants D nous déconcertent et nous troublent. Il y a des choses fausses qui sont tellement mêlées de vérité qu'on peut aisément se laisser tromper par ces belles apparences ; il y a des vérités si périlleuses, séparées de Terreur par une ligne si délicate, qu'il est difficile de les garder dans leur intégrité. Ainsi le panthéisme a un faux air de vérité qui tente l'esprit, et cette grande vérité de l'action incessante et universelle de Dieu dans la création est

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