Entret» métaph.f v, IS
entourée de mille erreurs dont il n'est pas aisé de se garantir. « 0 Dieu, s'écrie Malebranche, si vous ne m'éclairez de votre lumière, l'amour que j'ai pour Ja vérité me précipitera dans quelque erreur. Car je me sens porté à croire que ma substance est éternelle, que je fais partie de l'être divin, et que toutes mes diverses pensées ne sont que des modifications particulières de la raison universelle ^ » Qu'est-ce qui arrêtera l'esprit sur cette peute glissante? Qu'est-ce qui lui donnera assez de force pour considérer les principes qu'on oublie quand on en vient à ces conséquences « impies et téméraires ^ ? > N'est-ce pas la foi ? « Ceux mêmes qui ont le plus d'esprit, s'ils s'écartent de la foi, s'écartent du chemin qui mène à l'intelligence. Ils rompent l'enchaînement des vérités qui toutes se tiennent de manière qu'une seule fausse vérité étant supposée, on peut renverser toutes les sciences, si l'on sait raisonner conséquemment^. p Enfin, pour acquérir ces vertus de l'esprit que Malebranche appelle la force et la liberté, pour résister aux sens, à l'imagination, aux passions, et faire dans l'âme ce silence sans lequel on écoute mal le maître intérieur, il faut des efforts dont on n'est pas capable sans le secours de la foi *.