Enlret. métaph,f vu
i32 PRIHIÈRE PARTIE. — CHAPITRE II.
ton OU saint Augustin, à de belles métaphores, c'est qu'à son sens aucun autre mot ne rendrait mieux la pensée et la réalité : un terme abstrait serait moins exact; car, semblable à un signe algébrique, il énoncerait l'idée, mais rien que l'idée ; et ce je ne sais quoi de vif et d'intime, qui ne se définit pas,, qu'on ne peut renfermer dans l'enceinte d'un mot, ce qu'il y a au fond même de l'âme, et ce quelque chpse de divin qui, y apparaît, cela ne serait pas rendu. Rien donc ne serait plus inexact que ce terme prétendu exact. « Dieu est ma lumière, et il m'éclaire ; Dieu est ma vie et il me nourrit... Quoi ! serais-je donc moi-même ma propre lumière ? Je n'y
pui^ penser sans quelque espèce d'horreur 0
Dieu, quand je découvre quelque vérité que ce puisse être, c'est vous qui m'éclairez; quand je vois la beauté dé l'ordre, c'est vous qui m'exhortez ; quand j'entends les reproches secrets de la raison, c'est vous qui me corrigez, et c'est vous encore qui me consolez et me punissez, lorsque je sens intérieurement des remords qui me déchirent les entrailles ou ces paroles de paix qui me remplissent de joie * . » Poétiques, mais substantielles paroles, dont l'âme habituée à ces spectacles intérieurs et à ces entretiens intimes comprend la solidité et goûte l'exquise douceur. Non, Malebranche ne s'amuse pas à faire