AYANT-PROPOS, XI
croyons, d'une part, qu'il y a en philosophie un certain usage légitime des vérités de foi, et d'autre part, que Malebranche a donné des dogmes certaines explications que la raison et la foi condamnent ou tiennent pour suspectes, nous avons, au chapitre v, examiné de plus près que dans notre Mémoire la théologie de Malebranche, après avoir eu le soin de la faire connaître avec plus de détail dans notre exposition (ch. vu de la première partie).
Nous avons accompli un devoir en avertissant ceux qui liront cet ouvrage des points par' où il diffère du Mémoire couronné par l'Académie. Maintenant, qu'on nous permette un vœu : nous serions heureux que ces pages servissent à faire connaître et à faire aimer Malebranche ; nous en serions heureux, parce que nous pensons que la lecture de ce grand philosophe est très-propre à élever les âmes. Nous n'avons dissimulé ni ses erreurs ni ses témérités, nous avons jugé très-sévèrement son système. Mais sa philosophie est animée d'un grand souffle, et il est bon d'en recevoir et d'en sentir l'influence.