‹ La philosophie de MalebrancheChapitre 64 sur 237 · Jlf^di/., v · texte numérisé non relu

Jlf^di/., v

les idées que nous en avons n'ont pas été formées des idées des choses singulières : les figures triangulaires tracées sur le papier n'ont pu nous apprendre comment il faut concevoir le triangle géométrique, parce qu'elles ne le représentent pas mieux qu'un mauvais crayon une image parfaite. Nous ne pourrions jamais connaître le triangle géométrique par celui que nous voyons tracé sur le papier, si notre esprit d'ailleurs n'en avait eu ridée. Ainsi, à la vue du triangle peint, nous concevons le véritable triangle que les sens ne peuvent pas saisir. Toutes ces idées des essences et de toutes les vérités qui en dépendent ne sont donc ni de simples généralisations des choses sensibles, ni de pures fictions de l'esprit humain ; elles sont c conformes à cette véritable nature des choses qui a été faite et construite par le vrai Dieu *.> Or, au commencement même de ce morceau où Descartes explique sa pensée si nettement, il disait à Gassendi : « Ce que vous alléguez contre les universaux des dialecticiens, ne me touche point, puisque je les conçois d'une tout autre façon qu'eux ^. » II distingue donc entre les universaux et les essences : mais pourquoi alors donner, dans ce passage des Principes où la formation des universaux est expliquée, exactement le même exemple qui

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