Recherche de la Vérité^ liv. III, part, ii, ch. ix
2. Ibid.^ liv. III, part, ii, ch. viii, 2. Voyez aussi VEnlrelien avec un philosophe chinois, v- 372, édit. Genoude : «Vos abstraction»
ne peut pas signaler avec plus de sagacité que Malebranche les dangers que font courir à Tesptît ces abstractions réalisées; on ne peut pas railler avec plus de finesse les faux savants qui font consister dans ces chimères toute la science ; on ne peut pas déplorer avec plus d'émotion le péril auquel ces fausses explications exposent Tâme en supposant partout de prétendues causes S au lieu de montrer la vraie cause qui est Dieu, et en peuplant le monde de forces occultes qui font oublier le créateur, sa puissance souveraine et sa souveraine sagesse. Mais Malebranche, aussi sévère que Descartes pour ces idées de logique, voit mieux que Descartes comment elles se forment. Il comprend qu'une idée générale, même fictive, ne peut s'expliquer par une opération purement logique; que pour abstraire et généraliser, il faut, comme nous dirions maintenant, des données rationnelles. L'assemblage confus de mille et mille idées (Malebranche prend ici le mot idée au sens vulgaire) ne serait jamais qu'un composé confus incapable d'aucune généralité. « Prenez vingt couleurs différentes, mèlez-les ensemble pour exciter en vous une cou-
vous trompent.» — Et ï Eclaire. XII : a Tout ce qui est intelligible se réduit à Tôtre et à la manière de l'ôtre.»
1. Eclaire, III, à la fin. « Ces termes ne sont propres qu'à couvrir l'ignorance des faux savants et à faire croire aux stupides et aux libertins que Dieu n*est point seul la vraie cause de toutes choses. »