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leur en général ; produisez en vous dans un même temps plusieurs sentiments différents pour en former un sentiment en général, vous verrez bientôt que cela n'est pas possible. Car, en mêlant diverses couleurs, vous ferez du vert, du gris, du bleu, toujours quelque couleur particulière. L'étourdissement n'est qu'un assemblage confus d'une infinité de sentiments ou de modifications de l'âme; mais ce n'est néanmoins qu'un sentiment particulier ^ > D'où vient donc que nous formons des idées générales? De ce que nous trouvons dans l'idée de l'infini assez de réalité pour donner de la généralité à nos idées ^. Nous ne pourrions jamais penser à ces formes abstraites de genres et d'espèces, si l'idée de l'infini qui est inséparable de notre esprit ne se joignait tout naturellement aux idées particulières que nous apercevons. Ainsi nous formons l'idée de cercle en général en répandant l'idée de la généralité sur les idées confuses des cercles que nous avons imaginés. Et cette idée de la généralité nous ne saurions la tirer de notre fonds. Elle a trop de réalité ; il faut que l'infini nous la fournisse de son abondance^. Ainsi Malebranche voit que la raison joue un rôle dans la formation
t. Entret, métaph., ii, 10.