Enn* V, a, 5. — Bomllet, t. III, p
180 PREMIÈRE PARTIE. — CHAPITRE Ili.
les exemplaires que les choses sensibles imitent, et en ce sens, les réalités véritables, Svxa xai oùalui^. Et, tandis que la sensation ne possédé pas son objet, mais en reçoit quelque chose, sans qu'il cesse d'être en dehors d'elle, et se trouve ainsi réduite à l'opinion {ôôla de ^éxeo-ôat), l'Intelligence première, en contemplant les idées qui sont les véritables êtres, n'aperçoit rien qui lui soit extérieur, mais a la possession intime de son objet, ne fait qu'un avec lui, et ainsi connaît véritablement sans être jamais exposée à oublier ni à chercher autour d'elle^: elle pense par elle-même ce qu'elle pense, elle possède par elle-même ce qu'elle possède. Or, puisqu'elle pense d'elle-même et par elle-même, elle est elle-même ce qu'elle pense. Elle est donc elle-même les êtres véritables, et quand elle les pense, ils ne sont pas hors d'elle; ils ne lui sont ni antérieurs ni postérieurs. Elle est le premier législateur, ou plutôt elle est la loi même de l'existence. On a donc raison de dire : la pensée est la même chose que l'être^. L'Intelligence est le lieu où habite la vérité et où subsistent les .essences. Elle n'a besoin ni de foi ni de démonstration pour croire aux réalités intelligibles: elle est elle-même ces réalités. Et elle a d'elle-même une