Principes f m f
qui semble exalter la toute-puissance de Dieu en la reridant maîtresse de la vérité elle-même ; il soutient que par là on assimile la vérité à la créature, on la rend arbitraire et changeante, et sous prétexte de ne pas mettre la volonté divine dans une prétendue dépendance, on détruit la sagesse éternelle, « Je suis certain, dit-il, que les idées des choses sont immuables, et que les vérités et les lois éternelles sont nécessaires, il est impossible qu'elles ne soient pas telles qu'elles sont^ » Et, après avoir marqué avec force les caractères propres aux notions rationnelles, comme nous dirions maintenant: « La raison, ajoute-t-il, est nécessaire et indépendante, nous la concevons, en un sens, plus indépendante que Dieu même ; car Dieu ne peut guère agir que selon cette raison, il dépend d'elle en un sens; il faut qu'il la consulte et qu'il la suive. Or, Dieu ne consulte que lui-même, il ne dépend de rien; cette raison n'est donc pas distinguée de lui-même. Elle lui est donc coéternelle et consubstantielle. Nous voyons donc la règle, l'ordre, la raison de Dieu; car quelle autre sagesse que celle de Dieu pourrionsnous voir, lorsque nous ne craignons point de dire que Dieu est obligé de la suivre? » Voilà une doctrine entièrement opposée à celle de Descartes : Malebranche le sait et le dit. Il attaque la théorie de