Traité de Murale^ I, ch. i
n'ont pas le droit d'user sans raison de leur autorité* Dieu même n'a pas ce droit misérable. Il est essentiellement juste et la raison universelle est sa loi inviolable *... Ni le juge, ni le prince, ni le père, ni Dieu même, si cela était possible, si le Verbe ne lui était pas consubetantiel, s'il pouvait s'empêcher de l'engendrer et de l'aimer, ni Dieu même, dis-je, n'a pas ce droit de se servir de sa puissance pour soumettre les hommes, faits pour la raison, à une volonté qui n'y serait pas conforme ^. » Le vrai Dieu « c'est l'être infiniment parfait, et non pas un fantôme épouvantable, un Dieu puissant, absolu, souverain, tel que les hommes souhaitent d'être, mais sans sagesse et sans bonté ^. » Aussi « celui qui aimerait mieux qu'il n'y eût point de Dieu que d'y en avoir un qui se plût à rendre éternellement malheureux ceux-là même qui véritablement aiment l'ordre et la raison, est juste, parce que ce Dieu fantastique, injuste et cruel, n'est point aimable*.» Enfin, dans les Entretiens métaphysiques^ nous lisons: « Je suis si certain que les hommes, les anges et Dieu même voient les mêmes vérités que je vois, qu'il ne m'est "pa^s possible de douter, que c'est la même lumière qui éclaire tous les esprits... Vous voyez une vérité immuable, nécessaire, éternelle :