‹ La philosophie de MalebrancheChapitre 87 sur 237 · Ihid, II, ch. XIV · texte numérisé non relu

Ihid, II, ch. XIV

car vous êtes si certain de l'immutabilité de vos idées, que vous ne craignez point de les voir demain toutes changées. Comme vous savez qu'elles sont avant vous, aussi êtes- vous bien assuré qu'elles ne se dissiperont jamais. Or, si vos idées sont éternelles et immuables, il est évident qu'elles ne se peuvent trouver que dans la substance éternelle et immuable de la divinité... Dieu est infiniment sage, et cela essentiellement et par lui-même, par la nécessité de son être... L'ordre immuable de la justice est une loi dont Dieu même ne se dispense jamais *.... Nous aimons tous l'indépendance, et ce nousest à nous une espèce de servitude que de nous soumettre à la raison, une espèce d'impuissance de ne pouvoir faire ce qu'elle défend. Ainsi, nous craignons de rendre ï)ieu impuissant à force de le faire sage; mais Dieu est à lui-même sa sagesse. La raison souveraine lui est coéternelle et consubstantielle. Il l'aime nécessairement, et, quoiqu'il soit obligé de la suivre, il demeure indépendant. Tout ce que Dieu veut est sage et raisonnable : non que Dieu soit au-dessus de la raison , non que ce qu'il veut soit juste précisément et uniquement parce qu'il le veut; mais parce qu'il ne peut se démentir soimême, rien vouloir qui ne soit conforme à la loi, à l'ordre immuable et nécessaire des perfections di-

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