‹ La philosophie de MalebrancheChapitre 89 sur 237 · Médit, chrét, iv · texte numérisé non relu

Médit, chrét, iv

et Testime se règlent par la connaissance de ce rapport ou de cette vérité ^ » Ce n'est donc pas assez que le jugement soit conforme au rapport aperçu, il faut y conformer les mouvements de l'esprit. Ce n'est pas seulement une vérité^ c'est une loi; c'est l'ordre immuable et nécessaire que les volontés doivent suivre. La vérité se voit et rend savants ceux qui la voient. L'ordre doit être suivi, et il rend plus parfaits ceux qui en font leur règle ^. Or Dieu découvre dans sa substance simple et infinie les rapports de perfection qui sont entre les êtres intelligibles, il voit donc en lui-même l'ordre •immuable , et il conforme à cet ordre son estime, son amour, son action : il suit invinciblement et inviolablement la loi éternelle qui est lui-même ^. Ainsi, à proprement parler et dans la rigueur des termes, on ne peut dire que la vérité soit Dieu, puisque toute vérité n'est qu'un rapport. 11 est donc permis de ne pas accepter la façon de parler de saint Augustin qui, montrant que la vérité est incréée, immuable, immense, éternelle, au-dessus de toutes choses, dit qu'elle est Dieu*. Non, à ne donner aux mots que leur valeur exacte, les vérités ne sont pas des êtres absolus, bien loin qu'elles soient Dieu même : ce sont des rapports intelli-

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