‹ La philosophie de MalebrancheChapitre 91 sur 237 · Traité de V amour de Dieu, au commencement · texte numérisé non relu

Traité de V amour de Dieu, au commencement

comme ses créatures participeût inégalement à son être, imitent inégalement ses perfections, ont plus ou moins de rapport à lui, il les aime inégalement, puisqu'il n'aime rien que par Tamour qu'il se porte à lui-même, que selon Tordre immuable des perfections auxquelles ses créatures participent ^ On peut donc dire qu'il est la vérité même et l'ordre même. Ici Malebranche, complétant la philosophie par la foi et commentant la foi par la philosophie^, n'hésite pas à reconnaître que cette souveraine raison, en qui réside toute vérité et tout ordre, est le Verbe divin, la sagesse du Père, le Fils incréé que le Père engendre éternellement; et c'est cette même sagesse qui, pour frapper par les sens les hommes grossiers et stupides, s'est rendue visible par l'incarnation, en sorte que l'unique maître des esprits, c'est Jésus-Christ qui nous éclaire au plus secret de la raison par la lumière de la vérité et qui nous instruit au dehors par l'enseignement de l'Eglise. Malebranche se réjouit de cet accord de sa philosophie et de sa foi, et, toutes les fois qu'il le signale, je devrais dire qu'il le chante, il a, pour parler de l'éternelle sagesse, des expressions tout éclatantes d'une sévère beauté et animées de toute la vivacité de l'amour* Oui, Jésus, c'est la lumière

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