‹ La philosophie de MalebrancheChapitre 92 sur 237 · Traité de l'amour de Dieu · texte numérisé non relu

Traité de l'amour de Dieu

2. Médit, chrét. ii, 12. «Rentre en toi-même et écoute-moi, et «empare ce que je vais te dire avec ce que t'apprend la religion que tu professes. » '

in créée, c'est la raison souveraine*. Dans le Verbe sont toutes les idées, dans le Verbe tous les rapports nécessaires et immuables entre les- idées; et quand Dieu agit, il consulte toujours et suit înviolablement son Verbe qui ne fait qu'un avec lui. Voilà l'unique source de la vérité et du bien : là, dans les profondeurs mêmes de la substance divine, seule nécessaire par sa nature, seule éternelle, seule immuable, par delà les régions de l'arbitraire et du créé, dans le Verbe se trouve l'origine des vérités nécessaires et des lois éternelles ; par là s'explique cette nécessité, cette éternité, cette immutabilité ; de là vient cette indépendance, et de là cette souveraineté à laquelle tout cède : bien loin qu'un décret divin ait établi la vérité et l'ordre, c'est encore en consultant la vérité et l'ordre que Dieu porte ses décrets libres. Les lois générales de la nature et de la grâce, comparées aux lois éternelles, sont arbitraires ; mais Dieu les a établies parce que l'ordre demande qu'il agisse ainsi : « De sorte, dit le Verbe divin, que c'est l'ordre éternel, immuable, nécessaire que je renferme comme personne divine et comme sagesse éternelle, qui est la loi que mon Père consulte toujours, qu'il aime invinciblement, qu'il suit inviolablement, et par laquelle il a fait et conserve toutes choses^.» Ainsi, le libre et l'ar-

Page 1