‹ La philosophie de Newton (volume 2)Chapitre 104 sur 183 · Uisl.du Mat., l · texte numérisé non relu

Uisl.du Mat., l

matière et le mouvement sont donnés ensemble et ne peuvent pas se comprendre l'un sans l'autre. Newton a séparé le mouvement et la matière, il a fait naître le mouvement de la volonté (le Dieu, qui crée d'abord la matière, puis lui imprime le mouvement par un acte qu'en esprit du moins on peut séparer'. Mais si on laisse de côté ces deux différences, en somme secondaires, la physique de Newton, aux yeux de M. Lange, dérive en droite ligne de l'atomisme ancien. Elle est une forme du matérialisme et du mécanisme, aidée seulement par un instrument mathématique plus puissant. Si elle a eu une influence exceptionnelle sur la formation de toutes les théories modernes, c'est moins par la méthode qui l'inspire que par \e postulat dont elle part: tout est matière et mouvement, et la science piiysique n'estque l'extension de la science mécanique à toute la nature.

II y a chez Newton un certain nombre île passages qui expliquent assez bien (ju'on ait pu ])rendre sa physique pour une physique mécaniste. La plupart de ces passages n'appartiennent pas aux Principes, ils se trouvent dans la dernière partie de \ Optique, dans cet appendice intitulé « Qua^stiones - » où Newton a rassemblé les idées <le sa physique qu'il ne jugeait pas suftisamment mûres pour constituer un corj)S <le doctrine. C'est ainsi que dans la Question XXVIIl Newton se réclame expressément de l'atomisme •' et se fonde sur l'autorité de « ces philosophes très célèbres de Grèce et de Phénicie, qui prirent comme principes de leur système le vide, les atomes, et la gravité ». Mais il est visible, par la suite même du passage, que l'atomisme ancieiï n'est pas admis par Newton comme type des doctrinesmécanistes, mais comme une arme «lestinéeà les combattre. Ce dont Newton loue Epicure et Lucrèce, c'est d'avoir appliqué les ex[)licalions mécanist(\s à tout ce qui est matière, sans chercher à les étendre à des milieux fi(*tifs. Des physiciens plus récents n'ont pas tenu compte de cette réserve. Ils ont imaginé de vaines hypothèses, l'éther, la matière subtile, pour faire rentrer sous les lois du mécanisme la totalité des phénomènes. Une seule idée ne peut sufïire à tous les besoins de la

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