‹ La philosophie de Newton (volume 2)Chapitre 120 sur 183 · a.Lecl. oplic. L. II. P. IV, obs. Xii · texte numérisé non relu

a.Lecl. oplic. L. II. P. IV, obs. Xii

4. Cf. Lect. oplic. L. II, P. II. « At(iuc hiur quiilom plui'nornena ex proprietatibus istis conso(iuuntur (iil vides) neccssiariu, et eonveniunt cuin eis. etiam ad minutissinias usque circiiinstaiitias, neque id solum, veruni etiam ad eas ipsas vicissim comprobandas» conferunt pennultum ».

LA PHYSIQUE EXPÉRIMENTA LE ET L'IIYPOTIIh^lSE 437

observe que la déduction mathématique doit se' modeler sur rexpériencc. La loi de la réfraction, telle que Tadmeltait Descartes, conduit à prévoir que l'image du soleil fournie par un prisme doit être circulaire. En fait elle est obloiigue. Donc, (( puisque nos prévisions répugnent à l'expérience, c'est que notre principe répugne à la vérité ^ » Les expériences nouvelles que tente Newton font voir que la loi de Descartes est une approximation dont il ne faut pas abuser. Elle est plus vraie pour une lumière monochromatique que pour la lumière blanche et si l'on tient compte de cette distinction, la déduction géométrique redonne des résultats exacts.

En poussant à lextréme l'idée de Newton, on pourrait presque dire que la certitude mathématique se ramène à la certitude expérimentale. Elle n'est en effet jamais complète, mais s'accroît à mesure que les vérifications augmentent en nombre et en importance. Ceci s'applique d'abord aux principes, mais surtout aux conséquences qu'on en peut tirer. Les conséquences même mathématiquement déduites de principes vérifiés , doivent être vérifiées à leur tour. On pourrait à la rigueur choisir arbitrairement (gratis assumere) les axiomes de la physique mathématique, pourvu qu'on s'astreigin't à en vérilier simplement toutes les conséquences-. Si nous préférons des axiomes certains f c'est-à-dire contenant déjà une grande part de vérité expérimentale, c'est que les vérifications s'en trouveront abrégées et facilitées d'autant. Mais dans un cas comme dans l'autre le rùle des faits demeure le même. Par ce qu'ils comportent d'aisément saisissable, ils permetlent de contrôler la valeur de nos théorèmes; par ce (ju'ils comportent d'inconnu, ilsdoiment lieu à des suggestions nouvelles d'où naissent des théorèmes nouveaux.

Les vérilications expérimentales qu'emploie Newton sont visiblement inspirées de l'esprit baconien. On sait l'importance qu'attachait Bacon à la méthode ûc varialion des expériences. L'expérience isolée n'est jamais décisive, et s'y fier c'est risquer

\. Cf. Lecl. optic. Ed. Clarko, Londres 1729, p. 8H. « Scd prius répugnât experienli», ergo postoriu.s répugnât verilali ».

2. C(. Lect. optic. p. 118. « Cuni a verilate (hoc theorema) vix mullum discrepare videalur, nihil veritus sum in prœscntia gratis assumere. Poslhac forte vel experientta confirmabo, vel si faisum invencro, corrigam ».

438 LA PllILOSOPHlK DE NliWTON

do « glisser vtM'slcscoiijociures, les probabilités cl les idoles ». Pour que l'induction soit vraiment assurée, il faut (ju (db^ porte sur une sérit^ d'expériences où, b> pbénoinène foncbinienlal restant bMiiéme, b?s conditions accessoires varient. La « forme » que recbercbe h\ science jouit précisément (b* bi j)ropriélé de rester invariable quand les circonstaiices changent.

Bi(Mi que les « formes » de Bacon ne soient plus l'objet de la science newlonienne, on trouve <lans les (Kivrages de Newton une aj)plication constanle de la règle de viiriation. (i'<\st ainsi que le premi(*r livre de YOptiquoix toujours été cilé, <^t à jusU» tilre, coniine rapj)lication type de la métluxle baconienne. Après avoir découvert l'existence du speclre, Xewlon j)rocè(b» à uiie suite d'expériences destiïiées à révéler lorigine de celli» anomalie : un objet circulaire donnant une image G ou 7 fois plus longue que large. Il but les bypolbèses les plus variéi s sur la cause possible du phénomène, éloignement du prisme, positioii particulière de la lentille, dimension de la fente, etc. A chacune de ces hypothèses, mémo les moins vraisemblables. Newton fait correspondre une expérience où, toutes choses restant égales d'ailleurs, il agit soit sur le prisme, seul sur la fente. Malgré la variation des conditions de l'expérience, le résultat fondamental demeure le même. Alors seulement nous sommes en droit de conclure que la dispersicui est une loi naturelle qui vient se superposer aux lois de la réfraction.

l'nc fois la loi trouvée, il tant en dévelo|)per les conséquences mathématiques et vérifier ces développements par des expériences nouvelles. Ici ce n'est plus la métbode de dilTérence, c'est la méthode des variations concomitantes cpie Newt(»n va généralement préférer. Cette méthode s<* trouve déjà chez Bacoii, au moins à l'étal implicite, dans S(Hi idée des Tahles de Comparaii^on '. L(*s tid^les doivent conliMiirtous b\s cas où la propriété dont on ch(Tche la « forme )).<e trouve « en plus ou en moins ». Si par exemple nous éludions la chideuret (ju<» nous en pressentons l'origine danslt^xistenee (hunouvemenls cachés, il fjuidra classer tous les ens où ces mouvemeids cachés sont plusou moins violents, etvoir si lachaleurcpiiy coi'rcspond est, elle aussi, plusou moins intense. Kn optique, Newtona supposé,

Page 1