‹ La philosophie de Newton (volume 2)Chapitre 121 sur 183 · V. .Yot\ organum, L. II, S · texte numérisé non relu

V. .Yot\ organum, L. II, S

LA PHYSIQUi: EXPERIMENTA LK ET L'HYPOTHESE 439

sur la foi (rexpérieiiccs préliminaires, que la « forme » ou la « cause >) (le la eoulcMiP réside dans ladifférence des réfran^ihilités. H convient, pardes expériences de plus en plus complexes, d'enrichir lifraduellemenl le domaine des faits, et de voir si malgré la complication des circonstances, l'accord se mainticntentrc ces deux propriétés : variation de réfrangibilité d'une part, variation de couleur de l'aulrc. Si Ton vérifie qu'elles sont constamment « connexes et correspondantes », on pourra en inférer légitimement qu'elles sont solidaires*. D'ailleurs le nombre des vérilicationsempiri(|ues n'est pas la seule mesure de leur valeur. Ici encore rexaclitude a plus de prix que la généralité. « C'est le poids des expériences, plutôt que leur nombre, qui doit nous décider, et là où ime seul(» suffit, qu'avons-nous besoin de plusieurs-?» Une s(Hd<* observation bien faite vaut mieux qu'une série de mesures qui ne sont pas comparables **. l.orsque nous changeons les conditions de l'expérience, il ne faut pas que les erreurs instrumentales soient du même ordre que les variations observables. De même, quand nous appliquons la méthode des variations concomitantes, il importe que les correspondances de faits ne soient pas cachées par l'incertitude de nos nombres. De toutes façons, il n'y a vérillcation proprement dite que là où les expériences d'une précision constante donnent constamment le même résultat.

11 est un cas où la méthode expérimentale semble au premier abord entièremcMit stérile. C'est celui où nos observations ne vérilient ni ne démentent les prévisions du calcul, mais sont indifféremment tantôt favorables, tantôt défavorables à notre interprétation. Lorsque nous nous heurtons à cette circonstance, c'est le plus souvent l'indice que nos expériences manquent de rigueur. Car il y a une probabilité intiniment petite pour que les faits s'expliquent aussi bien dans deux

1. Cf. Optique, L. Il, P. IL « Deniqiie ex il» obscrvationo apparat iiitcr colores et refrangibililatem, miUuum ac perpetuum esse c(>nnexuin atcpio rosponsuni ».

i. V. Hesp. ad Epist. Lucas, Phi). Traus. ii. liiS. « Non cnin» i'X])LTimentorum numenis, scd pondus respici débet, et, ubi uuiun sufficit. quid pluribus neeesse habenius ? «•

3. Conip. celle idée avec celle des « exemples privilcgiés •• (pnerogaliva^ instantianirni ((ne Bneon cbisse en ;27 catégories dans la deuxième section du L. Il du Sov. ortjanum.

hypotlièses contradictoires. Il y a donc lieu do varier Texpérieiice, de la refaire avec des précautions plus (grandes, jusqu'à ce qu'elle apporte soit une vérilication, soit un démenti à Thypothèse admise. Il va sans dire que plus cette hypothèse sera stricte et particulière, plus nous avons chance de pouvoir la ju<^er sur un petit nomhre de fails. Mais môme dans le cas où les expériences donnent un résultat constamment négatif, il faut se garder de croire que le profit obleim soit mil. Les expériences négatives nous mènent sur la voie des expériences cruciales, q[ celles-ci sont aux yeux de Newton les plus instructives de toutes.

^expérience cruciale est décrite par Bacon* comme un instrument d'élimination. Les instances cruciales, qu'il désigne aussi sous \c nom d instances décisoires, instances de Voracle. ou instances du mandat sont des expériences auxquelles nous somm<\^ conduits par une méthode dexhaustion. On les décrit souvent comme un simple moyiMi de décider, entre différentes hypothèses, celle qui t»st réalisée dans la nature. Mais pour lîacon 1 instance de la croix a un rôle plus étendu. Non seulement elle permet des'orienteraupointde rencontre de théories diverses, mais elle suggère directement des théories aux([uelles nous ne songions pas. lin eflet chaque résultat négatif fourni par l'expérience conduit à limiter le chamj) des hypothèses possibles. Si nous avons énuméré dune manière complète TenscMnhle d(»s ex|)lications, il est clair (jue la non-conlirmation de toutes ces explications moins une, équivaut positive- UKMit à la démonstration de cette dernière. Si comme il arrive le plus souvent notre énumération n'est pas complète, lesexpérienc(»s négatives indiqueront encore dans quel sens il faut la conïpléter.

Newton donne à Vexpérience cruciale exactement la même signilication que lîacon. Pour lui aussi les résultats négatifs fournis par un système d'expériences entrament indirectement un résultat'positif, parce qu'ils suggèrent l'expérience nouvelle qui fournira ce résultat. C'est ain.si (pie, dans la théorie des couleurs, il a été nécessaire de réfuter d abord par la voie empirique, toutes hs hypothès<'s recjuos jusqu'ici. Soit qu'on

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