V. QnspsI, Opi. XXX
.•J. V. Pnncipes, L. III. iMop. XLII.
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498 LA PHILOSOimiK DE NEWTON
l'action de cet esprit que les particules des corps s'attirent mutuellement aux plus petites distances, et qu'elles cohérent lorsqu'elles sont contiguës ; c'est par lui que les corps élastiques agissent à de plus grandes distances, tant pour attirer que pour repousser les corpuscules voisins ; et c'est encore par le moyen de cet esprit que la lumière émane, se réiléchit, s'infléchit, se réfracte, et échauffe les corps; toutes les sensations sont excitées par les vibrations de cette substance spiritueuse, qui se propage des organes extérieurs du sens par les fdets solides des nerfs jusqu'au cerveau, et ensuite du cerveau dans les muscles. Mais ces choses ne peuvent s'expliquer en peu de mots, et on n'a pas fait encore un nombre suflisant d'expériences pour pouvoir déterminer exactement la loi suivant laquelle agit cet pspril universel^ ». Comme on le voit. Newton est très prés d'un transformisme physico-biologique, où Téther, considéré comme agent universel, jouerait le rôle principal. Cet éther ou esprit devient par là même une l'éalité plus substantielle que toutes les autres, et il sufTlra qu'on efface la nuance qui sépare cet esprit universel d'un esprit pensant, pour qu'on ouvre la porte à un panthéisme unissant la physique à la métaphysique.
Gomment Newton arrive-t-il à introduire dans la philosophie naturelle l'idée d'un être intelligent présent par son action dans tout lunivers? Il est évident d'abord, pour les raisons indiquées plus haut, que nous ne pouvons nous attendre à trouver chez Newton de preuve proprement dite de l'exis^ tcncc de Dieu. Newton ne s'est jamais proposé de faire une théorie de toutes pièces. Il cherche seulement à couronner sa physique par l'exposé de quelques inductions dont la théologie peut tirer profit.
On peut dire que l'expérience dans son ensemble nous enseigne l'existence de Dieu -. Ce n'est pas un fait particulier, une constatation si probante soit-elle, qui peut permettre d'aflirmer cette existence. Sur ce point, les philosophes empiristes ont eu tort en fondant leur théologie sur les harmonies particulières de la nature. H n'est pas une cause linale qui, à elle