V. Scholie Général
LES IDKKS MF'TAPHYSIQUKS DE NEWTON 507
systtMne solaire, où cette uniformité est particulièrement apparente. Nous savons que le soleil et la terre s'attirent en raison inverse (lu carré de la distance et en raison directe des masses. Pour déterminer leur attraction en valeur absolue, il suffit donc de connaître encore le coefficient de proportionnalité de cette action, la constante de l'attraction solaire. L attraction de la terre et de la lune, du soleil et de la lune, du soleil et des planètes ou des comètes est de môme rigoureusement déterminée lorsqu'on connaît les coefficients correspondants. Or il se trouve que ces coefficients sont tous ép^aux entre eux. Ils représentent une constante universelle, caractéristique non seulement du soleil ou de la terre, mais de toute masse matérielle située dans le système solaire, et vraisemblablement de toute masse quelle qu'elle soit. Cette concordance, cette uniformité, n'ont pu être connues que par Texpérience. «llya, dit Newton, quelque chose de mystérieux à voir des corps si différents de grandeur suivre mathématiquement les mêmes lois, obéir tous aux mêmes forces *. w L'explication la plus naturelle de cette uniformité est de la rapporter à un agencement intelligent, car le hasard seul ne crée pas Tordre. C'est Dieu qui a placé les corps dans ces rapports mutuels. Deus corpora singula iia locavit.
L'optique nous donne le même enseignement. Les propriétés de la lumière sont, elles aussi, « uniformes », c'est-à-dire indépendantes dans une large mesure de la source qui fournit cette lumière. Les propriétés essentielles de la réflexion, de la réfraction, la faculté d'interférence, appartiennent aussi bien à la lumière d'une lampe qu'à celle qui émane des étoiles les plus éloignées. Ici encore les propriétés numériques, l'indice de réfraction par exemple, demeurent les mêmes quelle que soit l'origine du faisceau lumineux. « La lumière que le soleil et les étoiles fi.xese renvoient mutuellement est de même nature. » ^ Ce qui est vrai de la lumière est vrai de toute propriété physique. Une propriété ne change pas de nature lorsqu'on l'étudié en différents points de l'espace, elle est uniforme. Mais « si tout porte l'empreinte d'un même dessein, tout doit être soumis
1. Cf. De Mundi Syst. p. 17. « Corpora magnitiidinis lam divers» ad analogiam cum viribus tain propc at'cedere mysterio cerle non caret... »