V. Principes, L. III. Scholie Général
oOS LA l>niLOSO|>llIK I)K NKWTON
à un seul ot nièiiK» ctro'. » Newton trouve « admirable » cet arrangement du soleil, des planètes et des comètes, qui fait que loin de se troubler les uns les autres, ils écliangent des forces toujours semblables, si bien qu'il suffit de connaître la physique terrestre, pour connaître du même coup la physique universelle.
Celte uniformité est à ses yeux la meilleure démonstration que Tunivers est « l'ouvrage d'un être tout puissant et intelligent ». Chose curieuse, la même uniformité sera bientôt Tarme favorite du matérialisme. Celui-ci montrera qu'un petit nombre d axiom(»s suftisani à expliquer tout, il est oiseux de compliquer la science de postulats métaphysiques. On le voit, l'uniformité de la science esl un argument assez <imbigu. Selon le penchant des esprits il jjeut servir à favoriser la théologie ou à la comhaltre. Pour un esprit foncièrement religieux comme était Xewton, l'uniformité de la nature cadrait aisément avec une linalilé providentielle. Pourles matérialistes du xviii" siècle, elle servira à ruiner toute finalité.
On s'explique (jue Newton ait trouvé bon de compléter cet argument par un argumentpres(iue inverse, faisant voir que la diversité des choses, mieux encore qui» leur uniformité, est l'indice d'un dessein supérieur. On sait quelle force a pris chez Leibniz la preuve de l'existence de Dieu fondée sur la variété du cours de la nature. Tout objet concret enferme en lui un infini actuel. Deux choses, deux monades, ne sont jamais identiques entièremrnt. Il y a toujoursdans clwKiue être quelque chose de distinct, cpii en fait l'individualilé et l'existence même. De la sorte on peut dire que la diversité est la loi de la nature, et qu elle a été établie par Dieu en vertu du principe du meilleur.
Newton, dans le Scholie Oénéral des Principes, n'est pas loin d une conce])lion de ce genre. H s'efforce d'opposer aux métaphysiciens déterministes un argument d'ordre e.sthéti<iue : « La nécessité métaphysique qui est toujours et partout la même ne peut produire aucune diversité ; la diversité, qui règn(» en tout, quant aux temps et aux lieux, ne peut venir que d<» la volonté et de la sag(\sse d'un être qui existe nécessairement. )) C'est là un^argument (ju'on est surpris de trouver sous