‹ La philosophie de Newton (volume 2)Chapitre 40 sur 183 · Principes, Oi'f. V. p · texte numérisé non relu

Principes, Oi'f. V. p

LES NOTIONS FONDAMENTALES DK LA MKCANIQl^E ir,3

plus simples. Il suffit, pour éviter tout mal(Mitoiulu, d'employer avec prudence des expressions nettement détinies. Voilà pour- <juoi Newton se servira sans cesse des expn»ssions d'eiïort, cl'attraction, de propension, de forcte impulsive. Ces expressions n'ont dans son esprit aucune |)ortée métaphysique ^ 11 ne veut nullement donner à entendre (pn* les corps aL,nssanls se <:omportent comme des j)oints spirituels ou des monades. Les ofiorts (pi'ils exercent les uns sur les au très sont des manières de voir purement idéales. L'ne seule chose denn'urc positive, c'est le mouvement avec ses propriétés. Lorsque, sous le u<m\ <le forces, nous cherchons à lui assitîfner des causes, notn^ seul but est de faciliter les mesures. Du moment que les uiols de cause ou d'attraction sont, mali^ré leur aspect métaj)hysi(jue, employés conmic des symboles abstraits, ils pourront con- <luire à des inductions fécondes. Il n'y a donc pas licMi de h^s bannir du vocabulaire de la Philosophie Naturelle. Il suffit de les em|)loycr en connaissance de cause, et d(î ne leur (Uîmander qu un til directeur.

La comparaison des forces mécaniqut^s avec l'effort musculaire a une première conséquence très importante. Lorsque j'agis, mon impulsion m'apparaît toujours conmic émanant d'un centre qui est moi pour s'orienter vers un objet extérieur. De même lorsque je subis l'action d'un objet, cette action est toujours représentée comme dirigée de l'objet vers moi. Kn d'autres termes l'effort (jue j'accomplis s'offn» comme le type des actions centrales : il émane toujours de la conscience ou se concentre vers elle. Newton transporte cette idée familière aux champs de force cpie la mécani(pi<* nous présente. Les forces physiques vont apparaître comme des grandeurs orientées, et orientées vers des centres lixes. Jusqu'ici en elTet l<»s forces d'inertie se sont présentées à nous seulement comme des nombres. Elles sont susceptibles démesure, mais non sus-

L Principes, Déf. VIII, p. 7. « \m rvaW j»î pn'nd-s iri dniis le nu';riu' sens les îitfraclions cl les impulsions arct'lôratrices v\ inotri<os, ri j»' iwc sers indifFéremmenl dos mois d'impulsion, {{'n II rue lion ou dr projtrnsion qm'Icoiupie vi»rs un ccnlro. Car je considèrtî ces f(»nH\s ni;illi<Mna!i(iu«'in(iit el non lihysiquement. Ainsi le lecteur doit bien .se- garder «le croiiv quo j'ai voulu designer par ces mots une espôre d'aclionjde ( au-^c ou de nùxm physique, ht lorsque je dis que les centres attirent, lorsque je parle de leurs forées, il no doit pas penser que j'aie voulu attribuer aucune force réelle à ces centres que je considère comme des points niathématiciues. »

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f:^rplihlt:afl»: ligiira^ioii. Il leur manque 1 élément géométrique qui f»*-mielN: de Irur ai^siguer une direcliou. La théorie Jcs forces centrales va nous aider à combler celte lacune.

1^1 f* fore»* motrice » et la <• force accélératrice » ne sont pas le-î -e'ii.'î;jr;|)«.'ctsdela force mécanique. Un peut aussi la détiuu" comme une fori*e « centripète o. Newton veul «lire par là i|UC iiiiUTi toija il?» exemples réels, les cliost's se passent comme i>i la fore»,- agissant sur un corps ledirii;eait invariablement versiU* point lixe ou centre. L intensité île la force, le nombre MAqu* la nn^sure, p«'ul varier d un moment à laulre ou ilun |>oinl a l'autre «le la trajectoire. Mais la direction de la force reste con- Iralr, r «'st-â-dire va passer loujoui*s par le même point.

Ici viu'OVit le cas <lela pesanteur a permis à Newton d approfondir une théorie que (ialilée avait à peine entrevue. Nous ?» ivoh.-^ qiH* sur uruî étendue sufiisanmienl petite du i^lobe, le * haniji dr la «gravité est le type d un champ de forces couslijht. La verlii:ale d un lieu est la direction commune des iraj*<loin-.^ (|u y suivent les corps pesants, et le faisceau de ces trajectoires en un même endroit est un ensemble de di'oites Ijarallêles. Mais nous savons aussi que le champ de la pesanteur (îstsymélricpie par rapport à la terre. Une rotation de la sphère ternjstnî sur elle-même laisse invariable le faisceau des tnijeeloires. Il s\;n suit que ces dernières ne sont parallèles (|u ;i une apj>roximation assez faible. En réalité elles vont conrourir i-h un même point, qui est le centre de la terre. Newton (léhionln; même en toute rigueur que rien ne serait changé aux lois de (ialih'Mî si la totalité de la masse terrestre était concentrée au centre de la terrée Ainsi le champ où se meuvent les corps graves est un champ de forces centrales. A chaque instant du mouvement, la trajectoire d'un corps quelconque, lancé avec une vitesse arbitrair(\ s'inlléchit vers le centre de la t'^'re et la force attractive qui le déplace reste normale à la surface du sol.

La force magnétique ofTrait à Newton un autre exemple d'action centrale-. Il est vrai (pi ici les expériences précises qui allaient être tentées au xix'' siècle vont doinier tort à Newton. Il

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