Ibid., Prop. XLIIL p
3. Le cas des trajectoires hyperboliques serait it; cas général si la force d'attraction se transformait en une force répulsive. Ce cas se trouve à peu près réalisé dans l'action du soleil sur les queues des comètes.
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calcul ne j>uisse jamais fournir que deux branches d'hyperbole à la fois et qu'il soit inrïpossible à un corps réel de passer d'une façon continue de l'une h lautre *. Tous ces exemples montrent clairement non que la mécanique céleste est inexacte, mais qu'elle a besoin de vérifications. I/appel à l'expérience n'est d'ailleurs pas un signe qu'une théorie est insuffisante par ellemême. Il prouve au contraire que la théorie est définitivement entrée dans la voie positive. La méthode positive se caractérise justement par la définition des lois au moyen du calcul et le contrôle du calcul au moyen des faits.
Une première confirmation expérimentale de la loi delà gravitation universelle est fournie par les observations héliocentriques des cinq planètes principales. La loi de la gravitation a été découverte en comparant la pesanteur terrestre h la force accélératrice de la lune. Mais ce cas est de beaucoup le plus accessible. Nous nous trouvons en effet placés naturellement au centre des aires, et la détermination de la force déviante de la lune suit immédiatement de l'observation de son orbite.
Les mouvements de Mercure, de Vénus, de Mars, de Jupiter et de Saturne présentent pour nous des apparences beaucoup plus compliquées. Leur mouvement absolu autour du soleil se complique du mouvement relatif du soleil autour de la terre pour domier lieu à mu\ trajectoire visible qui diffère assez notablement d une elli|)se. Si donc en rapportant le mouvement de ces planètes au soleil au lieu de le rapporter îi la terre, nous arrivons à en simplifier les lois au point de les ramener aux lois de Kepler, le principe de la gravitation se trouvera confirmé par une expérience probante. Pourtant cela même ne suffît pas à faire de la gravitation une loi universelle : il faut étendre encore les lois de Kepler au mouvement des satellites de Jupiter el de Saturne par rapport aux centres respectifs de ces planètes. Alors seulement nous aurons vérifié que toute matière quelle qu'elle soit- est attirable en raison directe des niasses et en raison inverse du carré des distances.
\. Principes. Prop. XXÏ, L. I. S. Il, Scholio p. S.'i. ft Lorscpie la trajectoire est une hyperbole, je ne pren«ls pour trajectoire (piiine des hyperbole.-? opposées, car le corps en persévérant dans son mouvement ne peut jamais passer dans l'autre hyperbole. »
2. Aujourd'hui il faudrait compléter les inductions de Newton en ce qui ••oocerne 1er? planètes télescopi(|ues et certaines étoiles doubles.
LA GRAVITATION IMYtaSELLi: KT LA xMliCANIQUE GKLKSTK 311
Newton procède avec le plus grand soin à cette vérilication dans tous les cas connus. C'est l'objet du commencement du Ilb' livre, où il (''numère sous le nom de « Phénomènes », les résultats des observations planétaires. Ici encore il faut se défier de la forme géométrique employée par Newton. Le souci de suivre la méthode euclidienne lui fait donner comme des axiomes primitifs ce qui n'est au fond qu'observations de contrôle. Il est certain que Newton n'avait pas attendu, pour énoncer sa loi sous la forme la plus générale, de pouvoir la déduire syllogisti(juement de l'ensemble des observations astronomiques. Elle lui avait été suggérée dans le cas de l'attraction terrestre, et en retendant tout de suite à toute masse matérielle, il se réservait de la corroborer par des mesures spéciales. Mais ces mesures sont venues après et non avant l'énoncé général de la loi. Seulement, dans les Principes, Newton se préoccupe avant tout d'écar- Icr les objections verbales. C'est pour cela qu'il ne donne la loi de la gravitation comme absolument universelle qu'après avoir posé comme des axiomes empiriques ou comme des « phénomènes » les lois spéciales au mouvenient de chaque planète. En réalité c'est par induction proprement dite que Newton s'était élevé à l'idée de la gravitation universelle. Les « phénomèn(»s » énumérés dans les Principes sont une contirmation de cette induction. Loin de donner h la mécanique céleste un caractère déductif, ils contribuent dans une large mesure à la rendre dépendante des faits.
La loi de la gravitation universelle peut se vérilier encore d'une autre manière. Jusqu ici nous ini I avons appli(|uée <iu'à la matière solide. Si elle est, comme Newton le prétend, mu* loi élémentaire, c'est-à-dire si elle s'applique aux particules intégrantes de la matière comme aux masses composées, il doit être possible d'en retrouver les effets dans le mouvement des fluides. Ceux-ci ne diffèrent des solides que par le mode de liaison des molécules, non par la nature de ces molécules elles-mêmes. On peut donc dire que les masses fluides devront se comporter en gros, sous Teffet de l'attraction, de la même manière que les solides, et c'est ce (|ue la théorie des marées permet de démontrer.
La théorie des marées* doit être considérée chez Newton comme une vérification indirecte de la gravitation universelle. C'est en admettant que l'attraction de la lune et du soleil est la même sur les mers et sur la terre qu'on peut cliercli(*r une limite approchée de la hauteur où peut s'élever Teau de la mer lorsque le soleil et la lune changent de position relative. L'idée générale dont Newlon s'inspire dans sa théorie des marées mérite d'être signalée parce qu'elle montre clairement comment cette théorie confirme celle de la gravitation.
Supposons qu'un glohe de maliére solide soit situé à une certaine distance de la terre, de la lune et du soleil. La détermination de son mouvement sera un prohleme mécanique, très compliqué il est vrai, mais sur lequel la méthode des approximations successives pourra fournir quelques renseignements. Admettons que ce glohe soit accompagné de plusieurs autres, de façon à former un anneau de matière entourant la terre à une certaine distance. La loi de Xewton permettra encore de prévoir dune manière approchée le mouvement que va prendre cette anneau. Supposons maintenant (jue l'anneau se contracte jusqu'à venir toucher la terre, qu'il s'unisse à elle parles lois de la cohésion, et finalement qu'au lieu de demeurer soUde il se transforme en une masse liquide, nous pourrons toujours par les mêmes formules calculer les déformations que cette masse va suhir et comparer les mouvements calculés aux mouvements ohservés.
Si le déplacement des mers, tel (juil est empiriquement connu, coïncide au moins par son ordre de grandeur avec le déplacement théorique de notre anneau liquide, nous aurons une conlirmation expérimentale de l'exactitude de nos principes. C'est cette confirmation sur laquelle Newton insiste dans son lir Livre. Il arrive même que la concordance des nombres se fasse d'une manière j)lus précise qu'on ne pourrait l'attendre de l'imperfection des mesures et de la grossièreté du calcul. Newton cite les observations des marées dans le port de Bristol ', où le phénomène d(» la marée est particulièrement régulier, êl il en tire pour le rapport des attractions du
4. Principes, L. \, S. Il, Prop. LXIL — L. IlL Prop. XXXVL XXXVII et siiiv.