l'arliculièrcinciil duns la i' partie tlii second Livre
lois physiques à 'leur début. C'est en donnant des tableaux comparatifs de mesures faites dans des conditions différentes qu'on arrive à l'idée première d'une loi physique. Ainsi le thermomètre permet de mesurer, entre des limites assez restreintes, les températures successives d'un même corps à des intervalles de temps égaux. On constate une variation d'allure exponentielle. Posant alors a priori l'existence d'une loi exponentielle, on l'applique à la détermination des températures par le refroidissement du fer rouge ou de tout autre corps dont le thermomètre ne peut plus donner directement la température. On élargit ainsi le tableau primitif, on l'enrichit de nombres nouveaux, et en se servant de ces nombres on pourra procéder à des vérifications nouvelles. Nous sommes partis d'un simple catalogue de mesures et nous arrivons à une formule exacte dont toutes ces mesures ne sont que des illustrations.
L'idée que les Tableaux Numériques doivent servir de matériaux pour la construction des lois est caractéristique de la méthode de Newton. Sans doute il serait possible de chercher un pressentiment de cette idée jusque dans les tables d'induction de Bacon. Il est certain que Newton avait connaissance des préceptes de Bacon et que les règles suivant lesquelles doivent se préparer les « instances » n'ont pas été créées de toutes pièces par lui. Mais il y a une différence considérable entre les tables baconniennes et les tableaux numériques de ÏOptique ou des Principes. Bacon recommandait de cataloguer les exemples, mais cette classification était surtout descriptive. Lorsqu il s'agit de trouver par induction quelle est la « forme du chaud » (forma calidi), Bacon dresse bien une table complète des phénomènes calorifiques et de ceux qui leur sont associés. Mais il ne met pas en évidence dans chacun de ces phénomènes l'élément mathématique qui lui sert de mesure^. Prenons au contraire les tableaux de Newton. Dans les Principes, la mesure des résistances donne lieu à une échelle de no?nbres dont on peut tirer aussitôt la loi de proportionnalité au carré de la vitesse -. Dans VOptique, l'étude des anneaux est résumée par Newton en un tableau de nombres d'où l'on peut tirer, pour une épaisseur