‹ La philosophie de Newton (volume 3)Chapitre 109 sur 223 · V. Luii^'c. Histoire du Maloialisme · texte numérisé non relu

V. Luii^'c. Histoire du Maloialisme

atomistes grecs, et, parmi les modernes, Descartes et Gassendi sont les premiers qui l'aient fait revivre avec succès. Exactement à l'opposé de l'esprit scientifique, qui est en même temps l'esprit moderne, se trouvent tous les métaphysiciens de l'école d'Aristote, y compris les physiciens modernes qui admettent les causes fmales. Entre ces deux extrêmes il n'est pas possible, d'après M. Lange, de se tenir à une position moyenne. La physique incline nécessairement soit à une explication de la qualité par la quantité, et alors elle est positive, mathématique, atomiste, soit à une explication de la quantité par la qualité, et alors elle demeure théologixfuc et scholastique ^

La situation de Newton dans l'histoire des sciences est-elle celle d'un atomiste moderne ou celle d'un métaphysicien traditionnel? Posée sous cette forme, la question ne peut soulever aucun doute. M. Lange fait de Newton et de Descartes des réformateurs de la physique aristotélicienne et des partisans indirects de Tatomisme-. Ils ont tous deux accepté « la théorie des corpuscules élémentaires produisant, par leurs mouvements, tous les phénomènes, et devenant la base de la connaissance de la nature •' ». Il ont tous deux adopté le système de Démocritc renouvelé par Gassendi, bien que Descartes s'en cache le plus possible en niant le vide et que Newton ne fasse du mot atome qu'un usage très exceptionnel.

Pourtant, pour M. Lange, il y a chez Newton deux indices qui permettent de distinguer son système du matérialisme proprement dit. D'abord Newton fait des mathématiques un usage synthétique''. «L'antique méthode synthétique'^ a célébré son dernier et plus grand triomphe dans les Principes Mathématiques de la Philosophie Naturelle"». En second lieu, et ceci est plus important. Newton, imitant Descartes sur ce point, s'est écarté de l'idée de Démocrite et d'Epicure pour qui la

1. Cf. la critique du système d'Aristote, Hisl. du Mal., T. I, p. 80.

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