‹ La philosophie de Newton (volume 3)Chapitre 112 sur 223 · V. De iXalura Acidorum, Pliil. Trans · texte numérisé non relu

V. De iXalura Acidorum, Pliil. Trans

4. « Galor est agitalio partium quaquavcrsus. Nihil est absolute (juiescens secundum parles suas, el ideo frigidum, preeter atomos, vacui scili-

LA IMIYSIQUE M VTIIKM.VTIQUI': KT U] MI-CANISMK 401

est susceptil)Ie, conimo ralliiiité cliininjuc, d'èlrc réduite aux causes moléculaires '. Comme on le voit, les exemples ne manquent pas *U' cas où Newton semble préférera tout autre une explication mécaniciue.

Mali2^ré lusage (pi'en différents endroits Newton peut faire du mécanisme, nous ne saurions nous ranger à l'opinion do Lange qui voudrait faire de la physique newlonienne, comme de la ])hysi({ue cartésienne, une tentative de mécanisme systémaliqiif. l.a théorie de Descartes peut à la rigueur, bien (|u'elle s oppose sur bien des points à celle de (îassendi, être donnée comme un exemple de mécanisme. Klle satisfait aux deux conditions sans lescpielles il ny a pas de mécanisme possible: dune part l<^s projjriélés delà matière sont toujours des propriétés géométriques, d'autre |)art il ny a pas dans la nature de continuité véritable, le continu n est que l'apparence sensible de phénomènes réellement discontiims. Pour Descartes en elTet les qualités de la matière se ramènent à la seule étendue, et les dilTérentes espèces de matière forment des classes hétérogènes, ne pouvant se transformer les unes dans les autres.

Chez Newton au contraire il n existe pas de propriété purement géométrique de la matière. La figure, le volume, sont (h'>jà des propriétés p/i?/i><(/uei!, c'est-à-dire révélées par l'cxpéri(,'nce. Il en est de même de l'impénclrabilité, de la dureté, dr la résistance-. Aucune de ces qualités ne peut se ramener aux attributs de la seule étendue, et la vérité est (ju elles nous sont coimues seulement parde lentes inductions. Nous sommes si loin de comprendre a priori <jue 1 impénétrabilité do la

cel oxporlps » — Ceci t'sl ii rapprocher di*s « mouvcmcnls intestins » dont parle Uacon et des « niouvemenls insensibles » de Leibniz.

1 \U'''}ii dans les Principes, il .semble que les phénomènes caldrilitiues soient refîardi's comme des variantes des phcmimciies mccaniiincs. .Ainsi Newlnn M»' fait |)a.s la distinction entre lidi'i- de masst» mécanir|ue et celle de capacité cali>rili<pie Cf !, IlL l'inp \lll. (Idi- l). WUlnirr s\'>\ rendu compte de la confusion rpii refluait .^ur ci- point dans les idées de Newton.

2. {'.(.Opl. ijuif-it. XX.KL « Diiritia univer.sa' materia» simplicis proprielas haberi polesl. Saltem ho4- nihilominiis evidens est. (]uam impenetrabilitatem ipsam maleria- esse uiiixersam pi'oprielat(*m Naiii omnia coipora qua- qiiidem nos e.xpeiienlia novimus. vel sunt duria. vel dure>cen> pobsont, neqiie vero alla tdia certa ratione novimus corpora universa inqienelrabilia esse, nisi «piod e.xperientia amplissima nos id dociiil, sine ulla unquam oblala e.\ce|)lione. »

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matière est la raison profonde des autres propriétés, qu'en bien des cas nous partons de ces propriétés pour conclure au fait de l'impénétrabilité. D'une manière générale les différences de configuration ne suffisent pas à expliquer toute la physique. Elles s-onttoutau plus un symbolisme commode qui permet de coordonner les faits. Le travail, la tension, la chaleur, toutes les formes de l'énergie physique ont une individualité expérimentale qui ne se réduit pas aux attributs géométriques, 11 faut les admettre comme dc^s faits distincts et les analyser comme

tels.

La continuité, qui est essentielle au système de Newton, est elle aussi incompatible avec le mécanisme. Nous ne pouvons prétendre ramener tous les problèmes à des problèmes d'équilibre ou de mouvement, que si l'univers est fait exclusivement d'atomes et de vide. Alors dans un phénomène quelconque, le physicien recherchera l'élément dynamique, cest-à-dire un jeu de molécules jqui se choquent et se déplacent, et si le mécanisme est vrai, il faut quun nombre limité de réductions permette de passer d'une propriété physique quelconque à cette image dynamique. Or pour Newton, nous lavons vu, le nombre des propriétés de la matière est pratiquement illimité. 11 dépend de l'état de nos connaissances et de la précision de nos instruments. De plus, toutes ces propriétés sont continues, c'est-àdire qu'on peut les supposer diminuées ou augmentées à Tiniiiii sans qu'on arrive à les faire disparaître ou à les ramener à d'autres. Ainsi la résistance de la matière peut aller en diminuant autant qu'on veut dans les espaces célestes sans qu'on atteigne la pure étendue ^ La solidité des corps peut croître indéfiniment sans nous conduire jamais à des molécules absolument rigides. Il en est de même de toute réalité physique. Elle peut varier entre des limites inlinies, mais il est impossible qu'elle se transforme en une réalité d'un autre genre. On ne peut donc admettre l'idée mécaniste qu'un esprit très subtil, voyant les choses comme elles sont, ne trouverait que géométrie partout. 11 verrait toutes choses plus en détail que nous, mais il retrouverait partout comme nous, à côté des propriétés mécaniques, I inlinic variété des qualités physiques.

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