V. Xov. or^anuin, L. II, S
[.A l'IIYSIQUK EXPl'RrMKNTALr: KT f.llYI'nïllKSE 439
sur la loi doxpéricMiccs préliniiiiaii'os, (|ue la « forme » ou la « cause » de la couleur réside dans la différence des réfrangibililés. Il convient, parrles (expériences de plus en plus complexes, (l'enrichir si-raducUement 1»^ domaine des faits, et de voir si mal- L,^ré la complication des cii-constîinces, l'accord se mai ni Imt entre ces d(Mix propriétés : variation de réfran<^il)ilité d'une [)arl, variation de couleur <le l'autre. Si l'on vérifie cpi'elles sont conslaminent « connexes etcorresjiondaules o, un pourra en infi'rer lé^ùtinienienl i[u'elles sonl snlidaires '. D'ailIcMU's le iKMubrc des vérilicalionsempiri<pies n Cst pas la seide niisure de leur va le tnv |ei (•ne()re rexaclil nde a plus de pri\ (pi- la n'en (M'alite. « C^est le poids des expériences, |)lut(')t (|Me leur nondire. (pii doit nous décider, et là où une seule suftit, ([uavons-nous besoin de plusieurs -?))Une seule observation bien faite vaut mieux qu'une série de inesures cpii ne sont pas comparables ^ Lorsque nous changeons les conditions de lexpérience, il ne faut pas que tes erreurs instrumentales soient du même ordre que les variations observables. De même, quand nous appliquons la méthode des variations concomitantes, il importe que les correspondances de faits ne soient pas cachées par l'incertitude (li> nos nombres. De toutes façons, il n'y a vérification proprement dite (pie là on les expériences d'une précision conslanle doniKMilconslammenl \o mènK^ résiillal.
Ilesl lui cas où la méthode expérimen[ale5end)le au premier abord enli(M'(Mii(Mit stérile, (^est celui ofi nos observations ne V(-rilient ni ne démentent les prévisions du calcul, mais sont indilTéremment tant('»t favorables, tant(U défavorables à notre iuterprélalion. Lors<jue n(nis nous heurtons à cette circonstance, c est le plus souvent lindice (pie nos expériences maiicpienl de rigueur, (^ar il y a inie probabilité infiniment pelilc pi.iM- (|ui' Ic^ faits s'('\|»li(pi('nf au<si Iii(Mi dans deux
1. ('A (J/ilii/iie, L 11. IV II. Il nciii(]iio l^x '2t-' (j|».scr\ aliuiic ;i|)|iiir<l iiilcr colores l'I rf'rr;mi,'il>ililjileni, miihiiim ac perpclimm l'ssc (•(innc.xum alum* ri'.s|)(iiisiiiii •
•2. V. Ii''s/i. (ul Epist. I.ucds. IMiil. l'i'aii,-;. ii l'S. <. Non ciiiin cxpcririu-nldiMin iiiMiicnis, scd iioiuhis irspici dehi I, et, iihi uiiiiiii~siilli(il. (iiiiti (liiiiiliiis iiccc-^M' liiilicimis '.' -
;;. (;iMii|). (•elle idi-c avec celle des • exempleN |nivilef,'ies ■■ (preinu'iili\;e iiislaiiliarumi (|iii' II.hmiii classe en l'T cali.<g()rie> ihiii- la deuxième becliuii (lu L. Il (lu .V((t'. orijaiimn.
liypothèses contradictoires. Il y a donc lieu de varier l'expérience, de larefaire avec des précautions plus grandes, jusqu'à ce qu'elle apporte soit une vérification, soit un démenti à 1 hy- ])otlièse admise. 11 va sans dire que plus cette hypothèse sera stricte et particulière, ])lns nous avons chance de pouvoir la juger sur un petit nombre de faits. Mais même dans le cas où les expériences doniuMit mi résullat coiîstammcnt négatif, il faut se garder de croire (jiic le pi-o(it obt(Mui soit nul. Les expériences négatives nous mènent sur la voie des expériences cruciales, ei celles-ci sont aux yeuv de Newton les plus instructives de toutes.
L'expérience cruciale est décrite par Bacon ^ comme un instrument d'élimination. Les instances cruciales, qu'il désigne aussi sous le nom (\'instances décisoires^ instances de l'oracle, ou instances du mandat sont des expériences auxquelles nous sommes conduits par une méthode d'exhaustioii. On les décrit souvent comme un simple moyen de décider, entre différentes hypothèses, celle qui est réalisé»^ dans la nature. Mais pour Bacon l'instance de la croix a un rcle plus étendu. Non seulement elle permet desorienteraupointde rencontre de théories diverses, mais elle suggère directement des théories auxquelles nous ne songions pas. En effet chaque résultat négatif fourni par l'expérience conduit à limiter le cham]) des hypothèses possibles. Si nous avons énuméré d'une manière complète l'ensemble des explications, il est clair que la non-confirmation de toutes ces explications moins une, équivaut positivement ;i la démonstration de cette dernière. Si comme il an-ive le plus souvent notre énumération n'est pas complète, lesexpériences négatives indiqueront encore dans quel sens il faut la compléter.
Newton donne à l'expérience cruciale exactement la même signification que Bacon. Pour lui aussi les résultats négatifs fournis par un système d'expériences entraincnl indirectement un résultat positif, parce qu'ils suggèrent l'expérience nouvelle qui fournira ce résultat. C'est ainsi que, dans la théorie des couleurs, il a été nécessaire de réfuter d'abord j)ar la voie •emj)irique, toutes les hypothèses reçues juscpi'ici. Soit (|u'on.
i. V. Nov. orrinininu L. H, Hcct. XXXYI.
LA PHYSIQUE EXI'ÉRIMENTALE ET L'HYPOTHÈSE 441
prétendeallribucrl origine des couleurs àrinlluence de l'ombre sur la lumière, à celle des poussières qui circulent dans 1 air, à celle des inégalités de construction du prisme, l'expérience infirmera ces hypothèses. Mais en même temps elle sollicitera l'esprit à concevoir une hypothèse nouvelle, hypothèse (inil n'eùl pu imaginer d'abord, et qu il va trouver vériliée : la lumière se divise au passage d'un prisme en une iniinité (\c lumières élémentaires, et il est possible tl'intercaler sur son trajet des diaj)hragmes cpii laisseront passer une seule de ces lumières. L'expérience (jui démontre ce l'ait est présentée par -Newton comme le type de 1 expérience curciale '. <Mi voit qu'elle ne permet pas seulement de choisir entre plusieurs directions connues, mais qu'elle détermine l'orientation de l'espritdans une direction encore inconnue. A cepointde vue, Vexperhnentrnn cruci^ est véritablement le (11 directeur de la physique.
Supposons que nous ayons lire de lexixMMence iout ce qu'elle ()eut donner, c'est-à-dire {piaprès lui avoir em[)runté des délinilions utiles, nous ayons vérifié par une expérimentation plus complète la légitimité de ces définitions. Pouvons-nous espérer arriver de la sorte à un système de vérités expérim.entales qui soit complet et définitif .' Faut-il nous résoudre au contraire à accepter la méthode inductive comme un instrument imparfait ne fournissant que des certitudes relatives ?
La ([uestion ainsi posée est résolue sommairement à la lin de rO/)/<V///e-. < >n peut |)révoir que la ré])()nse de Newton sera conforme à celle (pi il a doiiiiéc loi'sqii'il s agissait de la niélliode niathémati({ue. Lamélhode matliématiqueel la méthode ex|)érimenlale sont indissolublement liées l'une à l'autre. Or nous savons (juela premièrea du renoncer à fouleprétention absolue |)0urse bornera laconstrucliond'approximationscroissantes. La méthode expirinicntale procédera de m<"'nie. Bacon était allé
1. Cf. Tlientia Sova de Luce et t'ulor'thus. Ed. Caslilloii, 0|H'ia Malli. T. Il, opiisc. XIX, p. 2.s:i, et Pliil. Traiis. n. «(» « Siiccessiva siispicionum islanim ii'innlio, me aildii.xil ad l'',.\pcririicidiiin (Inicis. ((iiod linjusccmodi fuit Siimpsi duos as.'^tTPs, (|ii<iriii)i altcnim collncavislatim post l'risma ad fuiicsliaiii, ila ut lii.x transrnilli po.ssel pt'r parviim foramcii in co factum ob id ipsiim. et radiTc .su|)iT idicriirn a.ssciTin... Hiiic pcrspr.vi (jiKid lii.\ Iciidcii^ ad iinam in)af(iiii.s cxUeinilalcMii, midio majoivin (piam Iu.k uppll.■^itatIl cvlicmiliili-n» pt'lcns a secundo prisnialo rcfrarliononi acoi'peraL -