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réduction par trop simpliste do la diversité des propriétés physiques aux seules propriétés géométriques. L'étendue n'est pas privilégiée parmi les qualités des corps. Loin d'être révélée par l'intuition pure, elle n est, comme toutes les qualités, connaissable que par les sens^ Si nous sommes disposés à la reconnaître partout, « ce n'est pas qu'elle se fasse sentir dans tous les corps ». Descarlos lui-même estobligéde reconnaître que l'étendue de la matière su))tile échappe à notre observation. Malgré cela il peut sans hypothèse attribuer l'étendue à une semblable matière, précisément en vertu d(^ la règle d*^ Newton : les qualités qui appartiennent à tous les corps sur lesquels on peut faire des expériences, doivent être regardées comme appartenant à tous les corps en général. Mais en vertu de la même règle nous allons pouvoir reconnaître dans la nature bien d'autres propriétés que l'étendue. « Nous observons que ])Iusieurs corps sont durs, et nous en inférons avec raison que les particules indivisées de tous les corps doivent être dures ». « Les corps que nous touchons étant impénétrables, nous regardons l'impénétrabilité comme une propriété qui appartient à tous les corps-». D'une manière générale, chaque fois que nos sens nous apprennent qu'une certaine propriété se retrouve dans tous les cas expérimentaux, nous sommes autorisés à faire de cette propriété quelque chose d'irréductible et d'universel. Or c'est un fait que de semblables propriétés existent dans la nature, « c'est même le fondement de toute la physique». Mais les qualités ne pouvant se connaître que par l'expérience et se présentant comme irréductibles à la seule étendue, la conception cartésienne de la physique devient nécessairement caduque. Elle doit céder la place à la conception nouvelle d'une physique qui commence par être expérimentale pour devenir peu à peu mathématique. Lorsque Newton étend à« tous les corps en général», les propriétés appartenant à «tous les corps sur lesquels on peut faire des expériences», il faut se garder de croire qu'il fasse dans le réel une distinction absolue, mettant d'une part les corps hypothétiques que nulle observation ne peut nous faire connaître,
1. Principes, !.. III, Réyle lii, p. ;j. '2. V. Principes, L. III, Règle III, p. 3.
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d'autre part les corps observables sur lesquels doivent porter nos mesures. (( La nalnre est toujours simple el semblable à elle-même'. » Il est impossible qu on puisse par une induction légitime passiM* de corps connaissables à des corps inconnaissables, tandis (|iic l'induction peut se faire aisément du semblable au semblable, bi encore le procédé de Descartes est à l'opposé de bi véritable métliodc. Descartes a compris «piune abstraction est nécessaire au début de la science. Les corps accessibles à nos sens sont li'oj) (•om|)le.\es, ti'op bétérogènes pour (pie des relations exactes puissent s "y appliquer. Si nous voulons une pbysi(pn^ simple il faut qu'elle abandonne départi pris les objets d'expérience pour .se contenter d'objets abstraits, créés par Tentendement. De là les artifices des Piincipes de la Philosophie ou du Traité du Monde, artifices dont le but immédiat est la substitution d'un monde fictif au monde réel (pi il faut expliquer. On a souvent exagéré le caractère ironique de la métbode de J)escartes, en attribuant à de simples soucis de censure le soin minutieux avec lequel il affecte de négliger le monde donné, j)our se confinera un monde idéal, abstrait, différent du neutre. Assurément il y a une part de vrai dans lopinion qui explique par des scrupules tbéologiques la nécessité où Descartes se trouve de faire la science d'un « nouveau monde » el de montrer ensuite (|ue ce monde est de tous points comparable au nôtre. Mais en laissant de côté la crainte de l'intolérance, il demeure visible que Descartes était porté par les tendances de sa métbode, à acbeter la simplicité au prix de l'abstraction et à s»' débarrasser de la confusion sensible en se limitant à des réalités rationnelles. Le passage de l'imagination à la science n'est |)ossible (pie jtar une abstraction consciente, et cette abstraction nous mène de lexpérience à un monde (pii dépasse l'expérience.
Rien de ce genre ne se trouve chez .Vewion. Si Ton peut parler diine abstraction nécessaire pour (pie la science soit possible, C(3tte abstraction doit s\)pérer à 1 intérieiir de I expérience (•ll(^-m('Miie Llle iK.' consiste pas à reiii|)l;icer les corps compli-
1. Cl. Uplii'. L. 1, s. I . I'ii)|i. \ I. •• K(|iii(li'iii. rciii ilii ^c liidxrc tii-lit-ri' admcj- (liiiii est croclil)!!!' cl nitioiii (•(HisiMilaiiciim : <iii;iii(l()(|ui(i('in iiatura sem- ]»•!• cul ■<<iii siiiitH.\. Vcriiiu |ir()l)iitiii ai) ('.\|ici'iiii''iilis dcsdiiuTida rc(|iiiritiir ».
Cf. aii.-^.si ihiu'sl. XX.\1. (' .\l(|iic lia'i- (|iiidi'iii otiuda >i ita .^iid jaiii iialiira iiinvcr.-)a dit .simplc.x cl con.siniilis siii ».
quésqaenos sens, aperçoivent par d'autres corps hypothétiques qu'ils ne peuvent aucunement saisir. Elle devra substituer aux objets concrets que nos sens reconnaissent aisément d'autres objets également concrets, mais troppelits pour tomber actuellement sous nos sens. C'est ainsi que les corps observables ne seront pas remplacés, comrtie chez Descartes, par des corps purement étendus qu'aucune expérience ne fait jamais connaître. Les corps simples, atomes ou molécules, dont la physique peut avoir à faire usage possèdent exactement les mêmes qualités qu'on rencontre dans les composés : pesanteur, solidité, élasticité, etc. Ces qualités ne s'y trouvent même pas à un degré plus « éminent » ou plus parfait. Elles sont valables entre certaines limites, mais n'ont pas une signification absolue. Il n'existe pas plus de corpuscule absolument dur, absolument impénétrable, absolument mobile, qu'il n'y a de corps Unis possédant ces propriétés sans restriction. Seulement ce (pii rend les corpuscules intéressants, c'est que la différence entre leurs qualités réelles et les qualités idéales dont se sert Descartes va en diminuant avec leur grandeur. On comprend alors le profit qu'il peut y avoir à passer des cas expérimentalement constatés à des cas expérimentaux limites, d'où l'on j)ouiTa, par le calcul, remonter aux premiers.
L'expérience peut donc, d'après lidée de Newton, se prolonger par l'induction, mais ce prolongement ne peut se faire que sous certaines réserves. Lorsque l'observation nous a permis d'établir qu'une propriété physique appartient à tous les corps Unis, nous pouvons en conclure quelle subsiste dans le cas de corps infinitésimaux, mais seulement si c'est une qualité « qui n'est susceptible ni d'augmentation ni de diminution. «Prenons l'exemple de la divisibilité. C'est là une i)ropriété qui se vérifie ou ne se vérifie pas, elle n'est pas susceptible de varialion continue ou de dégradation indéfinie. Il suffit alors que nous l'ayons constatée dans l'universalité des cas observables l)0ur que nous soyons surs quelle subsiste encore dans le cas des infiniment petits. Cette certitude nous vient directement du princi[)e de continuité. Si la divisibilité pouvait se vérifier jusqu'à une certaine limite de grandeur, et qu'au delà de cette limite on passât soudain à des atomes indivisibles, il y aurait dan.s la nature (1rs variations brusques, Icllcs qii<' la i»li,\ si(|U(>