‹ La philosophie de Newton (volume 3)Chapitre 140 sur 223 · V. Quœsl. Opt.XXWW · texte numérisé non relu

V. Quœsl. Opt.XXWW

([iii se retrouve en diilércnts endroits des Principes^, où Newton décrit sommairement une sorte de transformisme universel. Létlier, au lieu d'être considéré comme une simple liyp<Jtlièse physique, devient alors l'agent de lotîtes les translormalionsde 1 univers. Cell(> idée est inspirée à Newton par des analogies tirées de Tordre clumi(|ue et biologique. « Les corps se transforment en lumière et la lumière en corps, ce qui est parfaitement conforme à l'ordre el à la méthode de la nature, ([ui semble pour ainsi dire se complaire à des métamorphoses (le ce genre... ». « Les (cufs se développent peu à peu à partir de corps si petits qu'ils sont invisibles; ils tînissent par se Iransformer en animau.\ ; les tètartls en grenouilles, les vermisseaux en mouches. Tous les oiseaux, les botes, les poissons, les insectes, les arbre 3 avec toutes leurs particularités, proviennent pai- ti-ansformation de l'eau et de teintures aqueuses ; après putréfaction, ils reviennent tous à l'état d humeurs aqueuses- ». « On peut croire que les comètes peuvent par leurs exhalaisons et leurs vapeurs condensées suppléer et réparer sans cesse ce qui se consume d'humidité dans la végétation et la putréfaction, et ce cpii s'en convertit on terre sèche tlans ces opérations ; alin (pie par ces moyens les mers et Ihumidilé des planètes ne soient pas consumées. Car tous les végétaux croissent par le moyen de Ihuniidité ; et ensuite la plus grande partie s'en convertit par la putréfaction en terre sèche, puisqu'il tombe perpétuellement du limon au fond des li(jucurs qui se corrouq)cnt. Ainsi la masse de la terre sèche doit augmenter sans cesse, et si les parties lluides ne recevaient pas de l'accroissement j)arqueUpie cause, elles devraient (hminuer perpétuellement, et à la lin elles viendraient entièrement à mancpier .le soupçonne de plus (pi(> ce', esjjrit (pii est la |tlus petite partie de noire vie. la plus subtile et en même tr)nps 1(1 />li'!< f.rc'-llcnlc, |)iu'siprelle esl iK-eessaire pour don- U(.'r la vie a toutes ehoses, vient principalement des comètes. "» ■ Ce serait ici le lieu d'ajouter (iueh[ue chose sur cette espèce d'esprit très subtil (pii pénètre à travers tous les corps solides, «1 ipii est caché dans leur substance. C'est par les forces et

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l'action de cet esprit que les particules des corps s'attirent mutuellement aux plus petites distances, et qu'elles cohérent lorsqu'elles sont contiguës ; c'est par lui que les corps élastiques agissent à de plus grandes distances, tant pour attirer que pour repousser les corpuscules voisins ; et c'est encore parle moyen de cet esprit qiic la lumière émane, se réfléchit, sinfléchit, se réfracte, et échauffe U^s cori)S ; toutes les sensations sont excitées parles vibrations de cette substance spiritueuse, qui se propage des organes extérieurs du sens par les fdets solides des nerfs jusqu'au cerveau, et ensuite du cerveau dans les muscles. Mais ces choses ne peuvent s'expliquer en peu de mots, et on n'a pas fait encore un nombre suftisant d'expériences pour pouvoir déterminer exactement la loi suivant laquelle agit cet pspril universel^ ». Comme on le voit, Newton est très près d'un transformisme physico-biologique, où l'éther, considéré comme agent universel, jouerait le rôle principal. Cet éther ou esprit devient par là même une réalité plus substantielle que toutes les autres, et il suffira qu'on efface la nuance qui sépare cet esprit universel dun esprit pensant, pour qu'on ouvre la porte à un panthéisme unissant la physique à la métaphysique.

Comment Newton arrive-t-il à introduira dans la philosophie naturelle l'idée d'un être intelligent présent par son action dans tout lunivers? Il est évident d'abord, pour les raisons indiquées plus haut, que nous ne pouvons nous attendre à trouver chez Newton de preuve proprement dite de l'existence de Dieu. Newton ne s'est jamais proposé de faire une théorie de toutes pièces. Il cherche seulement à couronner sa physique par l'exposé de quelques inductions dont la théologie peut tirer profit.

On peut dire que l'expérience dans son ensemble nous enseigne l'existence de Dieu-. Ce n'est pas un fait particulier, une constatation si probante soit-elle,qui peut permettre daflirmer cette existence. Sur ce point, les philosophes cmpiristcs ont eu tort en fondant leur théologie sur les harmonies [)articulières de la nature. Il n'est pas une cause iinale qui, à elle

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