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V. Principes, Scliulie Général

2. V. Opt. Qiiœst. XXVm «... ox pheenomenis constat esse l'iiU'm incorlioixMini. vivciilcm. iiilolliiit'rilcm... »

seule, suffise à démontrer l'existence de Dieu, car là où nous voyons une cause providentielle, une science plus complète verni la nécessité. Mais la véritable finalité, celle que nulle science ne fera disparaître, c'est celle que présente le monde dans son ensemble et qui rend possible la science elle-même. Mettons les choses au pis, c'est-à-dire admettons avec Newton l'explication mécanique la plus hardie de l'univers. Admettons ce mécanisme non seulement comme une hypothèse, mais comme la probabilité suprême de la science. Nous aboutirons à une doctrine voisine de latomisme épicurien, et quels que soient les progrès de la science, quelles que soient les transformations de la théorie atomistique, on |)eut dire que l'idée cinétique sera toujours à la base des systèmes mécanistes, rejetant les causes finales. Montrons que même alors la science repose sur un fait primitif qui suppose une cause intelli- <2;ente.

Les atomes dont parle Jqjicure, les « particules primordiales » dont se servent les matérialistes, l'Ether ou les Kthers auxquels on a recours maintenant ont tous un trait commun : ils sont parfaitement stables, ou, pour employer le langage du wn" siècle, ils sont éternels. On peut différer d'avis sur les attributs principaux à donner aux atomes, pesanteur, couleur, figure, impénétrabilité. On peut concevoir l'éther soit comme un lluide parfait, soit comme un solide parfait. Mais une fois choisies les propriétés dont doit jouir la matière fondamentale, il est convenu que ces propriétés resteront invariables au cours (lu temps. La propriété la plus obscure des atomes, celle qui a donné lieu au plus grand nond)re de critiques, leur insécabilité, exprime de la maïuère la plus fra|)pante ce fait que l'atome demeure toujours identique à lui-même, ([u il est stable par délinition.

A (|iioi correspoiul en fait cette stabilité? Elle est la traduction métaphysique d une vérité expérimentale, savoir que la science est possible sous certaines hypothèses. Lorsque nous définissons l'atome comme un élénn.Mit parfaitement dur, parfaitement élastique, insécable, nous nous laissons g:uidt'r par certaines propriétés des corps tangibles (pie nous supposons formés d'atomes. D'où savons-nous que ces définitions, valables au moment oii nous les avons posées, C(jnliiiiieiil <le s ap

pliquer aux instants suivants ? D'où savons-nous surtout qu'elles s'appliquent flans tous les cas? Avons-nous a priori la preuve que la structure des corps no varie pas et qu'une explication physique une fois acquise demeure éternelle ? Nullement, c'est l'expérience seule qui peut nous instruire sur ce point. C'est un fait proprement imprévisible que la science supposée vraie une fois demeure vraie toujours, ou pour employer le langage des métaphysiciens, que les essences sont immuables. Ce fait, auquel nous ne pouvions nous attendre a priori, est contirmé par la totalité des expériences. La stabilité de la science et la stabilité de son objet sont constamment vérifiées dans de larges limites. Les hypothèses fondamentales de la science, celle de Descartes comme celle d'Epicure, reviennent toutes à une constatation identique : l'élément primitif de la matière est stable, inaltérable.

Mais alors la question se pose de savoir à quel prix une explication mécanique de l'univers est possible. S'il faut pour rendre compte des phénomènes physiques un certain nombre d'éléments mécaniques dont l'origine demeure inconnue, on doit se demander comment il se fait que ces éléments se conservent sans changement. Accordons aux systèmes qui veulent se passer de toute cause intelligente qu'on peut rendre compte de tout avec les seuls atomes. Encore faut-il savoir comment il se fait que tout soit explicable par les atomes. La constitution d'un corps particulier est un mystère que la physique peut sans doute expliquer. Mais ce qui échappe à toute physique, ce qui nécessite une explication métaphysique, c'est le mystère non moins surprenant de \ explicabilité de toutes choses par un petit nombre d'éléments invariables. En d autres termes, si les atomes sont la substance de l'univers, d'où vient que les atomes se perpétuent sans altération. Si toute chose est soumise au changement et à la destruction, d'où vient que certaines choses soient stables au milieu de l'instabilité universelle ?

A cela Newton ne trouve d'autre réponse que l'existence d'un créateur intelligent. Il est à remarquer que Descartes s'était déjà heurté à une difliculté de ce genre et lavait résolue d'une manière analogue. La doctrine de la (^ création continuée « est une l'éponse à la (jucslioii (|ii(' nous posions tout à 1 heure :

LKs ii)i:i;s M i:ta PHYSIQUES i)i; nkwton ;,oi

coinnicnL se l'ail-il qu ;ivi'c uu (•(M'iaiii iionibi'c de « natures » invariables, on puisse expliquer les objets les plus compli((ués ? La sagesse de Dieu, la conslancc de ses desseins, linvariabilité de ses décisions, l'action continue de son pouvoir, tels sont les motifs invoqués par Descartes. Newton n'en invoque pas d'autres. Pour lui aussi c'est Dieu et Dieu seul qui a pu imposer aux atomes une forme invariable, des propriétés invariables. L'existence de tout principe physique est une preuve indirecte de l'existence de Dieu. Car alors même que l'esprit humain arriverait à se passer de toute linalité et à réduire au mécanisme atomique l'ensemble des phénomènes connus, cette réduction nu'ine th^vrait être expliquée, la stabilité de la science dcvrail être déduite, <^l <lli' ue peut se déduire (|uc d une action iutellio-enle. « Il me semble en lin de compte extrêmement vraisemblable, dit Newton, que, de toute façon, un Dieu très bon, très crand, a dû (\v<. le début former la matière de telle sorte que l(^s particules primordiales, d'où devait sortir toute nature corporell(\ fussent solides, dures, impénétrables et mobiles, de t(dle grandeur et de telle ligure, de telles propriétés, de tel nombre et de telle masse qu'elles fussent adaptées à l'espace où elles devaient se mouvoir, de façon à parvenir le plus aisément possible aux fins où elles étaient destinées si bien

qu il n'y a pas dans le cours ordinaire de la nature de force capable de diviser ce que Dieu lui-même a fait un dès l'abord ^ » On voit l)icn clairement comment Newton fait de l'existence de Dieu un corollaire de la physique. Dieu est la cause, nécessairement intelligente, qui rend possible une science physique en srarantissant la stahilitr- de I univers-.

Cette stabilité n'est nulle pari j.lus évident.^ (pie <lans le domaine de la mécanique céleste. La plupart de ceux (pii avant Newton, et même après lui, ont fondé leurs idées de finalité sur celle de stabilité, se sont surtout inspirés d'exemples biolo-

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