‹ La philosophie de Newton (volume 3)Chapitre 53 sur 223 · l'iincipes, L. I, Scholii-, p. II · texte numérisé non relu

l'iincipes, L. I, Scholii-, p. II

priété intime, elles resteraient théoriquement les mêmes si le milieu ambiant disparaissait ^ Alors l'existence de forces appliquées sera le signe d'un mouvement absolu comme l'absence de pareilles forces sera la marque du repos absolu. En pratique on pourra appliquer ce critérium soit aux forces imprimées soit aux forces centrifuges. Newton' donne l'exemple d'un seau d'eau suspendu à une corde qui se détord. Le vase va prendre une rotation absolue, manifestée par l'ascension de l'eau vers les parties supériciu'cs de la ])aroi. Chaque fois qu'un effort physique est directement appliqué à un corps, on peut dire qu'il y a mouvement absolu. Ainsi le vase d'eau demeurant immobile, on pourrait faire tourner autour de lui une enveloppe cylindrique, et pour l'observateur lié à cette enveloppe, le vase semblerait animé d'un mouvement de rotation analogue à celui qu'on observait tout à l'heure, l^es deux cas sont pourtant bien différent.^. Leau no fera pas effort pour monter vers les bords du vase, aucune force centrifu^-e ne se manifestera' le mouvement sera purement relatif-. De môme dans le cas de l'astronomie, nous avons constamment à faire à des sphères tournant l'iuie autour de l'autre ou tournant simultanément autour de leur centre de gravité commun. Comment savoir si c'est là un mouvement absolu, ou une simple apparence? Les forces directement appliquées nous sont inobservables et nous devrons chercher s'il n'y a pas de forces centrifuges qui soient l'effet du mouvement. Les marées résultent précisément du jeu de forces de ce genre et leur existence suffit à prouver le caractère absolu de la gravitation. Cependant, d'après Newton, ce caractère nous serait mieux connu encore, s'il nous était pos-

■1. Ibid., p. i2. « Los causes par lesquelles on peut dislinguer le mouve-

« ment vrai du mouvement relatif sont les forces imprimées dans les corps

« pour leur donner le mouvement. Car le mouvement vrai d"un corps ne

« peut être produit ni changé que par des forces imprimées à ce corps

« môme, au lieu (pie son mouvement relatif peut élrc produit et changé

« sans qu'il éjji-ouvi^ l'action d'aucune force. » Et plus loin, page 14. « Le

(( mouvement vrai circulaire de tout corps (]ui tourne est uni(pu\ el il

(( ré|)ond à un seul effori qui est sa mesure naturelle et exacic. »

2. l'ruic/pcs. L. 1, Scholic. |), 13. « Les effets par les(picls on peu! disa tinguer le mou\ enimt absolu du mouvement l'elalif sont les forces (pi'on Il les cor|)s (pii lournent poui' s'éloigner de l'a.xe de leur mouvemiMit. Car « dans le muuxemcnl i-iiruliiiic purement relatif, ces forces soni nulles, el « dans le mou\'emenl cii-culaire xi'ai et absolu elles sonI pins ou moins « grandes selmi la qiiaidile du mouvement. »

LES NOTIONS FONDAMENTALES DE LA Ml'CANIQUE 189

sihlcde faire rcxpéricncc suivanlc : joindre les corps qui i^i'avilciil.par un lil de liaison, et étudier la tension de ce lil. Si ce (il offre une tension réelle, nous saurons que la répulsion des sphères existe objectivement, et nous pourrons disliumi!!' 1 • nu)uvenuMil absolu d une pure apparence. Newton attache une importance spéciale aux actions directes sappliquant aux corps. Partout où elles existent, le mouvement est réel. Môme si nous ne possédions nulle part de repère fixe auquel rapporter les mouvements, il nous serait loisible, par l'analyse des tensions, des pressions, des forces centrifuges, de décider quelle est leur vraie nature'. Or si l'observation tles distances mutuelles est toujours relative, parce qu'elle repose sur des signes extérieurs, l'étude des forces et des tensions est toujours absolue, parce qu'elle s'atta([ue aux choses elles-mêmes, sans relation à ce (pii lescnloure.

(Ml peut (lire (pic je relativisme de Newton, si net en ce qui concerne l'espace, le tem[)S, la viless(^, semble subir une res- Iriclion en ce cjui coiUMM'ne I idée de force. Newton n'a jias prévu que les forces peuvent elles aussi être relatives et dépendre dans une large mesure du système auquel on les rapporte. C'est le point sur lequel ses idées seront perfectionnées par la dynamique moderne. Malgré cela il est juste de dire que Newton a eu conscience du rôle de plus en plus important que devait jouer dans la Mécanique Rationnelle l'idée du mouvement relatif. S il n'a pas développé jusqu'à ses dernières limites les conséquences de cette idée, on peut reconnaître ([u'il les a pressenties, et que le relativisme scienlilique allait s'engager de plus en plus consciemment dans la voie tracée par Newton.

iMalgré la restriction cpie nous venons de faire, les délinitions de Newton, — délinition de la masse, de la force, de l'espace, du temps et du mouvement, — constituent le premier exemple d ini système scieidili(pieposi7e/'. Descaries dans ses P/'inci/fex avait introiluil des (lélinili(nis a, ji/'ion, et nous savons (pi'd |tensail les fonder sur les axiomes de sa mélaphysi(|iie. Le sys-

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