Principes de la Philosophie, 11" Partie
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raclion cl de la réaction. Il pense ([iie le corps le plus petit subit une action observable, tandis que l'autre ne manifeste la trace d'aucune réaction. Descartes ne coni|)renait pas que pendant le choc la surface de contact est le siège dune réaction égale à l'action. Si maintenant les deux corps en présence sont de dimensions, de vitesses, de a forces «comparables, alors le choc se manifestera, quoique inégalement, sur lun et sur 1 autre. On verra lun des corps se déplacer dans un sens avec une vitesse nouvelle et l'autre se déplacer, soit dans le même sens, soit en sens opposé, avec une vitesse généralement tlifl'érenle. Un cas intéressant est celui où les deux corps sont de masse égale et se heurtent avec des vitesses égales. Dans ce cas Descartes, démontrait a priori (|U(' le choc devait être suivi de repos. En général le mouvement nesl pas détruit, il se conserve de i)arL et d'autre, ou (hi moins il se conserve dans l'ensemble la même « quantité de mouvement ».
On voit revenir ici cette notion qui est la seule vraiment précise de la mécanique cartésienne. Grâce à elle, dans le cas du choc Descartes est en état de donner une signilicalion nette à la notion si flottante « d'action motrice ». 11 mesure l'action par la quantité de mouvement et il démontre que la partie du mouvement tpii est perdue par un des deux corps est intégralement recouvrée par l'autre. Ceci explique que les vitesses après le choc puissent différer des vitesses avant le choc et aussi qu'elles puissent différer entre elles. Le choc est régi par la répartition, non des vitesses, mais des « mouvements ». La quantité de mouvement, comme on l'a vu plus haut, se conserve théoriquement constante, et si elle diminue dans une i)arlie du système il faudra qu'elle augmente de la même valeur dans l'autre. On pourra dire alors, abstraction laite des signes, que l(î mouvement commiuiiqué aux deiixcoi'ps, qui se rencontrent est nécessairement If même, l'estimant les mouvements en sens contraire, on dira (pic leurs effets se balancent . Le princijte (h' la conservation du inouvtMiKMit donne i<'i un énoncé bien voisin (\o celui de r.iclion et de la l'éaction. .Si l)(\scarles n'a pas ('■lendu ce ileniii-r en «leliors i\i'<< lois du choc, c'est qii il n'avait pas, en dehors <le ce cas, de di'linilion ])récise do « I action ».
La théorie de Descartes devait être reprise à la fin du xvii^ siècle par Malebranche, qui, dans ses lois de la Communication duMouvement, essaye démettre d'accord les déductions de Descartes avec les résultats expérimentaux si exacts qui venaient d'être publiés par Mario tle ^. Avant lui des physiciens comme WremiHuyghens s'étaient déjà résolument lancés dans la voie expérimentale pour aborder l'étude du choc et de la distribution des actions. Des expériences avaient été faites soit avec des corps parlaitement élastiques, soit avec des corps relativement mous. Il est incontestable que ces expériences avaient été sollicitées parles théories de Descartes, et Newton qui devait les répéter avec plus de succès se trouve souvent, même à son insu, sous l'inspiration d'idées cartésiennes.
Les expériences sur le choc des corps préoccupèrent Newton pendant une grande partie de son existence et il répéta à plusieurs reprises les séries de mesures dont il devait faire état. H se servait pour ces mesures de deux pendules qu'il faisait se heurter dune certaine hauteur. Ces pendules avaient dix pieds de long, il y suspendait des corps tantôt égaux et tantôt inégaux, et il les faisait se choquer en tombant de très haut, comme de huit, douze et seize pieds. 11 avait calculé d'avance, dans les différentes hypothèses possibles, à quelle hauteur devaient s'élever après le choc les deux pendules. Si la loi de l'action et de la réaction est vérifiée, si les corps sont parfaitement élastiques et se rencontrent bien au point le plus bas de leur course, la théorie laisse prévoir qu'ils remontent chacun à une hauteur égale à celle d'où ils descendent, et que le phénomène se répétera, abstraction faite d'une petite perte de vitesse due au frottement de l'air et aux résistances passives. «Or, nous dit Newton, j'ai toujours trouvé, à des différences près qui étaient moindres que trois pouces dans les mesures, que lorsque les corps se rencontraient directement, les changements de mouvement vers les points opposés étaient toujours égaux, et que par conséquent la réaction était toujours égale à l'action - ». Newton varie les conditions de l'expérience en opérant sur des masses inégales ou qui tombaient de hau-