‹ La philosophie de Newton (volume 3)Chapitre 74 sur 223 · Ibhl. Thriir. .\1V. Cor · texte numérisé non relu

Ibhl. Thriir. .\1V. Cor

Newton. Les étoiles fixes sont toutes au repos, car, d'après les observations de llooke, elles conservent des positions invariables par rapport aux nœuds et aux apliélics des orbites ^ Il s'en suit qu'elles ne peuvent exercer sur notre système dattractions sensibles eu égard à la distance. Si en effet le système du soleil se rapprochait ou s'éloignait de certaines étoiles, il faudrait qu'elles eussent, au moins à la longue, des parallaxes appréciables, contre l'observation constante des astronomes. Tout se passe donc comme si les étoiles étaient situées par rapport à notre système à une dislance infinie. Ceci veut dire que si elles exercent sur lui quelque action, celte action est présentement négligeable. Alors on peut dire que le système solaire est un système holé. La quantité de force qui s'y trouve à un moment donné ne peut être modifiée d'une manière sensible par les actions sidérales. Son centre de gravité demeure en repos, comme l'indique l'invariabilité absolue des mouvements sidéraux par rapport à ce point. En somme, le théorème du centre de gravité, qui est une des formes du principe de l'égalité de l'action et de la réaction, résulte pour le système solaire du fait que les apparences optiques permettent de yèviï\evV isolement de ce système.

Ce sont encore des arguments de fait qui montrent la validité du principe d'inertie dans le monde planétaire. Comme on vient d'établir le quasi-isolement du système solaire par rapport à toute action externe, on peut faire voir que chaque partie du système ne subit de la part des frottements intérieurs aucun relard sensible, et que les corps célestes une fois lancés sur leurs orbites suivent à chaque instant l'influence combinée des seules forces d'attraction et d"inerlie. La démonstration employée par Newton est une démonstration indirecte. Il admet provisoirement le principe d'inertie et en déduit les lois mathématiques des mouvements planétaires. Puis comparant ces lois avec les observations, il cherche à voir si l'on peut mettre en évidence des erreurs systématiques.

Si le principe d'inertie ne se trouvait pas vérifié, deux sortes d'aberration pourraient se manifester. Dabord il serait possible que les planètes ne tendissent pas spontanément à se mouvoir

• 1. Ces derniers points eii.K-aièmes sont fixes, d'après les observations de Kepler.

LA (iKAVITATlON UNIVERSELLE ET LA MECANIQUE CELESTE 295

on ligne droilo et qu'une force autre que la force centripète conlrilnijit à déterminer la courbure des trajectoires. Alors les oi'hiles planétaires ne seraient pas des ellipses, et la première loi de Kepler cesserait d'èlre vi-aie. Mais les observations sans cesse concordantes qui ont été faites depuis Kepler nous empêchent d'admettre cette alternative. 11 est certain qu'à la précision près de nos mesures, et sans doute à une précision très supérieure, les orbites célestes sont des ellipses dont le soleil occupe un (l(\s foyers.

Une aulre espèce de perturbations est possible, si l'inertie des masses célestes n'est pas constante avec le temps. Alors le mouvement d'une planète qui s'échapperait de sa trajectoire cesserait d'être uniforme et rectiligne, et même pendant que la planète décrit son orbite, il serait possible de constéiter un décroissement progressif de son temps de révolution. Une pareille possibilité n'est pas absurde, elle est môme aux yeux de Newton probable à priori. Nous savons que l'atmosphère terrestre exerce sur le mouvement des corps pesants une résistance variable, dont les effets sont à peu près les mêmes que ceux d'une diminution d'inertie. L'eau, le vif-argent et tous les fluides exercent un frottement considérable sur les corps qui se déplacent dans leur masse. Mais l'atmosphère terrestre n'est pas limitée. Si 1 air va se raréfiant avec la hauteur, il résulte du princi|)e de continuité que son action n(! disparaît à la rigueur (ju'à l'inliui. On doit se demander si la résistance opposée i)ar les fluides au mouvement des solides ne peut pas se manifester dans les mouvements séculaires des planètes. 11 pouiiiiil se |)i()(l(iirt' des effets d'amortissement analogues à ceux (juc .\c\vton étudie en délail dans le cas du pendule ^ Alors il f.uidrail iiiliodiiin' en niécani([ue céleste les lois à peu près in('xtri<'abl('S de cet ainoilissement, ou su[)poscr, ce qui rrviiiil |nali<|iiriiiciil au même, (pie l'inertie des astres diminue a\<'c le (rinps. (x'tti; dciiiirri' façon de voir gagnerait en vraisen)blance si lOii di'iiionti'ail (|u il y a transport de matière d'inic |ilanète à un<' antre, et il y a des passages où Newton ne rejette |)as d end)lée une send)lable hypothèse-. Quoi qu'il en

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