V. Lange, Histoire du Matérialisme
atomistes grecs, et, parmi les modernes, Descartes et Gassendi sont les premiers qui l’aient fait revivre avec succès. Exactement à l'opposé de l'esprit scientifique, qui est en même : temps l'esprit moderne, se trouvent tous les métaphysiciens de l’école d'Aristote, y compris les physiciens modernes qui admettent les causes finales. Entre ces deux extrêmes il n'est pas possible, d’après M. Lange, de se tenir à une position moyenne. La physique incline nécessairement soit à une explication de la qualité par la quantité, et alors elle est positive, mathématique, atomiste, soit à une explication de la quantité par la qualité, et alors elle demeure théologique et scholastique !.
La situation de Newton dans l'histoire des sciences est-elle celle d’un atomiste moderne ou celle d’un métaphysicien traditionnel? Posée sous cette forme, la question ne peut soulever aucun doute. M. Lange fait de Newton et de Descartes des réformateurs de la physique aristotélicienne et des partisans indirects de l’atomisme?. Ils ont tous deux accepté « la théorie des corpuscules élémentaires produisant, par leurs mouvements, tous les phénomènes, et devenant la base de la con- . naissance de la nature * ». Il ont tous deux adopté le système de Démocrite renouvelé par Gassendi, bien que Descartes s’en cache le plus possible en niant le vide et que Newton ne fasse du mot atome qu'un usage très exceptionnel.
Pourtant, pour M. Lange, il y a chez Newton deuxindices qui permettent de distinguer son système du matérialisme proprement dit. D'abord Newton fait des mathématiques un usage synthétique“. «L'antique méthode synthétique 5 a célébré son dernier et plus grand triomphe dans les Principes Mathématiques de la Philosophie Naturelle f ». En second lieu, et ceci est plus important, Newton, imitant Descartes sur ce point, s'est écarté de l’idée de Démocrite et d’Epicure pour qui la
. Cf. la critique du système d'Aristote, His{. du Mat., T. I, p. 80. . Hist. du Mat., 1, 487.
Did elare
4. Nous avons vu ce qu'il fallait penser de cette idée et dans quelle mesure l'esprit analytique pénètre toute l'œuvre de Newton.