‹ La Philosophie de NewtonChapitre 137 sur 202 · Hist. du Mat · texte numérisé non relu

Hist. du Mat

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matière et le mouvement sont donnés ensemble et ne peuvent pas se comprendre l'un sans l’autre. Newlon a séparé le mouvement et la matière, il a fait naître le mouvement de la volonté de Dieu, qui crée d’abord la matière, puis lui imprime le mouvement par un acte qu'en esprit du moins on peut séparer‘. Mais si on laisse de côté ces deux différences, en somme secondaires, la physique de Newton, aux yeux de M. Lange, dérive en droite ligne de l’atomisme ancien. Elle est une forme du matérialisme et du mécanisme, aidée seulement par un instrument mathématique plus puissant. Si elle a eu une influence exceptionnelle sur la formation de toutes les théories modernes, c’est moins par la méthode qui linspire que par le postulat dont elle part: tout est matière et mouvement, et la science physique n’est que l'extension de la science mécanique à toute la nature.

Il y achez Newton un certain nombre de passages qui expliquent assez bien qu'on ait pu prendre sa physique pour une physique mécaniste. La plupart de ces passages n’appartiennent pas aux Principes, ils se trouvent dans la dernière partie de l'Optique, dans cet appendice intitulé « Quæstiones ? » où Newton a rassemblé les idées de sa physique qu'il ne jugeait pas suffisamment mûres pour constituer un corps de doctrine. C'est ainsi que dans la Question XXVII Newton se réclame expressément de l’atomisme * et se fonde sur l'autorité de «ces philosophes très célèbres de Grèce et de Phénicie, qui prirent comme principes de leur système le vide, les atomes, et la gravité ». Mais il est visible, par la suite même du passage, que l’atomisme ancien n’est pas admis par Newton comme Lype des doctrinesmécanistes, mais commeune arme destinée à les combattre. Ce dont Newton loue Epicure et Lucrèce, c'est d’avoir appliqué les explications mécanistes à tout ce qui est matière, sans chercher à les étendre à des milieux fictifs. Des physiciens plus récents n’ont pas tenu compte de cette réserve. Ils ont imaginé de vaines hypothèses, l’éther, la matière subtile, pour faire rentrer sous les lois du mécanisme la lotalité des phénomènes. Une seule idée ne peut suffire à tous les besoins de la

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