V. Opt. Quæst. XXXI
tendances, que Newton a pu être considéré comme le grand promoteur du mécanisme moderne.
A cet égard les allusions de Newton dans FOptique et les Principes ! peuvent nous servir de guide. Son but n'est manifestement pas la réduction définitive des phénomènes à un jeu de molécules s’entrechoquant. C'est là une forme grossière du matérialisme, dont ne peut se contenter Fesprit positif. Les forces mécaniques qui président au choc des corps, pour être les plus faciles à constater de toutes, ne sont pas les seules que la nature présente. Les forces d'attraction et de gravitation nous ont fourni un exemple de forces plus cachées, que lanalyse mathématique peutseule mettre au jour. S'il faut en croire Newton, tous les phénomènes physiques dépendent ainsi de «quelques forces »?. Ceci veut dire que dans toutes les observations il existe un élément matliématique que nous pouvons commodément appeler une force, pourvu que nous ne supposions pas par avance l'identité de toutes les forces. Force devient synonyme d'élément simple avec lequel les mathématiques peuvent reconstruire Les diverses parties de la réalité. Mais il ne faut pas induire du choix de ce terme à la similitude des objets qu'il désigne. La force attractive, la force chimique, la force lumineuse peuvent fort bien être de nature différente. Il n’en demeure pas moins avantageux de les assimiler toutes au type mécanique, de façon à leur appliquer plus aisément le calcul.
On voil alors en quoi consistent Les tendances mécanistes de Newton. Newton agardé de l'ancien atomisme cette idée essentelle que le composé doit s'expliquer par le simple, l'agrégat par l'élément. L'analyse du réel en faits élémentaires qui est pour M. Lange la caractéristique du mécanisme, se trouve très certainement dans l'œuvre de Newton. Seulement les étéments qui servent à Fexplication des phénomènes ne sont plus unifor-