‹ La Philosophie de NewtonChapitre 153 sur 202 · BLOCH · texte numérisé non relu

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a interprétées qu'il est loisible de vérifier si elles sont réductibles à des expériences déjà systématisées. A: vrai dire, la lecture de l'Oplique, comme celle des Principes pourrait, par la forme de l'exposition, laisser méconnaitre les intentions de Newton. La suite mathématique des déductions semble ôter aux expériences Loute valeur suggestive pour ne leur laisser plus qu'une fonction de contrôle. Mais il est facile de voir que sous cette forme même, les expériences s'introduisent au cours du raisonnement et en fournissent réellement la matière. C'est en rain qu'au début du Livre HE des principes, Newton affecte la rigueur déductive : il est obligé de mettre à la base de ses déductions ce qu'il nomme des «phénomènes », c’est-à-dire des faits particuliers destinés à suggérer la gravilalion universelle. De même dans l'exposition de ses découvertes optiques, c’est toujours par un système d'expériences qu'il arrive à l'hypothèse de la dispersion, et si cette hypothèse semble naturelle, c'est qu’elle résume des propositions « de fait! ». On peut en dire autant des théories rudimentaires que Newton donne de l'action chimique?. Ces théories ne sont pas déduites « priori et confrontées ultérieurement avec l'expérience. Quelque vagues et imparfaites qu'elles soient, elles ont été suggérées d'abord par l'expérience, qui seule peut donner des indications valables.

L'expérience intervient au début des théories pour en suggérer les principes. Elle reparaït lorsque ces théories sont faites, comme instrument de vérification. Entre ces deux moments la science se développe par l'emploi méthodique du calcul, Nous touchons ici au point où se rejoignent la physique expérimentale et la physique mathématique, et comme Newton est le premier à en avoir nettement saisi les rapports, il convient de montrer commentla certitude mathématique s'associe pour lui à la certitude expérimentale.

Si la physique était mathématique en ce sens qu’elle partit de principes nécessaires, immuables, et qu’elle les développât conformément aux lois géométriques, il est clair que la certitude des principes suffirait à garantir sans restriction la certitude indéfinie des conséquences. Telle est la conception méta-

1. CF. Resp. ad Epist. aliqg. Phil. Transs n° 96.« hæ duæ propositiones facti sunt ».

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