‹ La Philosophie de NewtonChapitre 162 sur 202 · Principes. L. HE, T. I, p · texte numérisé non relu

Principes. L. HE, T. I, p

réduction par trop simpliste de la diversité des propriélés physiques aux seules propriétés géométriques. L'étendue n’est pas privilégiée parmiles qualités des corps. Loin d’être révélée par l'intuition pure, elle n'est, comme toutes les qualités, connaissable que par les senst. Si nous sommes disposés à la reconnaitre partout, « ce n'est pas qu'elle se fasse sentir dans tous les corps ». Descartes lui-même est obligé de reconnaître que l'étendue de la matière subtile échappe à notre observation. Malgré cela il peut sans hypothèse attribuer l'étendue à une semblable matière, précisément en vertu de la règle de Newton : les qualités qui appartiennent à tous les corps sur lesquels on peut faire des expériences, doivent être regardées comme appartenant à tous les corps en général. Mais en vertu de la même règle nous allons pouvoir reconnaître dans la nature bien d’autres propriétés que l'étendue. « Nous observons que plusieurs corps sont durs, el nous en inférons avec raison que les particules indivisées de tous les corps doivent être dures ». «Les corps que nous touchons étant impénétrables, nous regardons l'impénétrabilité comme une propriété qui appartient à tous les corps * ». D'une manière générale, chaque fois que nos sens nous apprennent qu'une certaine propriété se retrouve dans tous les cas expérimentaux, nous sommes autorisés à faire de cette propriété quelque chose d'irréductible et d'universel. Or c'est un fait que de semblables propriétés existent dans la nature, « c’est même le fondement de toute la physique ». Mais les qualités ne pouvant se connaitre que par l'expérience et se présentant comme irréductibles à la seule étendue, la conception cartésienne de la physique devient nécessairement caduque. Elle doit céder la place à la conception nouvelle d'une physique qui commence par êlre expérimentale pour devenir peu à peu mathématique.

Lorsque Newton étend à « tous les corps en général», les propriétés appartenant à «tousles corps sur lesquels on peut faire des expériences », il faut se garder de croire qu'il fasse dans le réel une distinction absolue, mettant d’une part les corps hypothétiques que nulle observation ne peut nous faire connaitre,

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