V. Principes, L. 111, p. 177, en note
seulement sur des êtres matériels, mais sur des êtres pensants qui lui sont soumis. » Les lois suivant lesquelles cette puissance opère font d’ailleurs exception aux règles de la mécanique. Dans ce domaine supérieur le principe de l'égalité de l'action et de la réaction n'a plus lieu. « Tout est contenu en Dieu, mais sans aucune action des autres êtres sur lui. Car Dieu n’éprouve rien par le mouvement des corps et sa toute puissance ne leur faitsentir aucune résistance. » En d’autres termes Newton est ici très voisin de l’idée d'Aristote, de la conception d'un premier moteur qui meut sans être mü, qui distribue l'énergie dans le monde sans être soumis de la part de ce monde à aucune réaction.
Cette action mystérieuse du créateur sur les créatures, qui échappe au principe de l'égalité de l'action et de la réaction, n'échappe pas pourtant à une autre loi fondamentale de la mécanique newtonienne, laloide nonaclion à distance. Lorsque nous disons que Dieu est présent partout, ce n’estpaslà d'après Newton, une simple métaphore. « Dieu est présent partout, non seulement virtuellement mais substantiellement, car on ne peut agir où l’on n’est pas!. » El cette idée revient avec plus de force encore dansles Quæstiones Opticæ?. L'esprit divin comme l'esprit humain, y est décrit comme agissant directement sur les choses, « car seul ce qui est présent peut être senti par ce qui est présent ». Entre le créateur et la créature il n'y a nul intermédiaire : celle-ci reçoit directement le mouvement et la pensée de celui-là. Si dans une seule partie de l'espace la puissance divine cessail d'être présente, le mouvement y disparaîtrait tout d’un coup. Les tendances de Newton le menaient naturellement à une sorte d’animisme universel. Il est remarquable que, parti de principes tout différents, Leibniz aussi soil arrivé à la conclusion qu'aucune portion de la matière n’est inerte n1 exempte de l'action divine. Moins métaphysicien que Leibniz et plus porté au mysticisme théologique, Newton s'incline devant l'action divine qu'il reconnait partout sans la comprendre.
L'éternité et l'infinité, la puissance absolue, ne sont pas les