Principes, Déf. VII
sera démontré que le champ de forces magnétiques le plus général est la superposition d'un champ newtonien et d'un champ déviant où directeur. Mais si l’on s’en tient aux expériences grossières qui avaient été faites par Descartes, c’est-àdire si l'on suppose un aimant élémentaire dont les pôles sont physiquement confondus, la loi des forces centrales devient de nouveau applicable. Il en est de même dans le cas théorique où l’un des pôles est rejeté à l'infini et où l’on étudie l’action isolée d'un pôle unique sur une masse magnétique. On peut dire que l'exemple du magnétisme joint à celui de la pesanteur avaient conduit Newton à l’idée que tous les champs de forces doivent être des champs de forces centrales. De fait les actions optiques, les attractions astronomiques, les affinités chimiques, toutes les forces naturelles en un mot, vont être considérées par Newton comme jouissant de la propriété qui appartient aux forces gravitantes.
Nous savons aujourd'hui que la généralisation de Newton était hâtive et défectueuse. Mais en même temps l'histoire nous apprend que celte généralité extrème a été ulile pour la constitulion de la Physique. Les champs qui n'obéissent pas aux lois de forces centrales sont bien connus aujourd’hui : ce sont par exemple les champs laplaciens qui se présentent en électrodynamique ou les champs tourbillonnaires de la théorie des fluides. Dans les cas de ce genre, la détermination de la force dépend non seulement de la position du mobile, mais de sa vitesse, de sa distance angulaire ou du temps. Il en résulte des difficultés de mesure qui sont aujourd'hui encore presque insurmontables etune complexité extrême dans les lois de l’équilibre et du mouvement. Au lieu de cela le cas des forces centrales estle plus simple de ceux que la Dynamique ait à envisager. Il implique l'existence d’une fonction des forces et entraine la conservation de l'énergie. Il s'ensuit que l'hypothèse de Newton était la plus appropriée au progrès de la science de son temps. En assimilant toutes les forces mécaniques aux forces centrales de la pesanteur, non seulement il lui sera possible de s'élever au cas de la gravitation, mais encore il suggérera la réduction à uh problème d'attraction des problèmes généraux de l'élasticité et de l'optique. Ici comme dans sa Hélhode des Fluxions, Newton à pressenti d'instinct quelles étaient les directions à
suivre. Il avait pu vérifier en astronomie que l'existence des forces centrales suffisait à expliquer tous les détails des mouvements planétaires. Dans les autres parties de la science, il prévoyait que sa manière de voir faciliterait l’application du caleul. Bien que la Physique moderne ait réduit le principe des forces centrales à des limites plus restreintes, il faut reconnaître que la hardiesse de Newton s’est trouvée justifiée par le succès.
On peut se demander ce que deviennent les définitions de Newton relatives à la force appliquée et à la force d'inertie lorsqu’on se {transporte du domaine de la Mécanique Rationnelle au domaine de l’Acoustique où de l'Hydrodynamique. Lorsqu'un son se propage dans l'air ou dans un milieu autre que l'air, ilest clair qu'il y a là un mouvement. Certaines particules de fluide sont déplacées, et l'on peut mettre le déplacement en évidence par des artifices bien connus! De même lorsqu'une onde se propage à la surface de l’eau, là encore il y a mouvement bien que le déplacement réel des particules soit tout différent de ce que les apparences optiques nous présentent. On sait avec quel soin Newton s'est efforcé d'élucider ces deux exemples. La théorie mathématique du son et le mouvement continu des fluides ont été de sa part l'objet de recherches incessantes accompagnées de nombreuses tentatives de vérification expérimentale. Cependant, dans l’un et l'autre cas, les mouvements auxquels nous avons affaire ne ressemblent pas à ceux des corps solides. Il est difficile de les assimiler au transport d'une masse invariable le long d'une tra- Jectoire délerminée, plus difficile encore de se faire une idée des forces qui président à ces mouvements. Nos yeux ne peuvent suivre exactement les positions successives de l’objet mobile, elle phénomène nous apparaît plutôt comme un état moyen du milieu que comme la translation d'un système invariable. Comment parler de la masse matérielle d'un élément fluide pris isolément? Cette masse est une fiction, et rien ne prouve que l'élément fluide se comporterait de la même façon une fois qu'on l’aurail séparé des éléments voisins. Comment définir Paccéléralion d’une particule déterminée au sein d’un