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L'expérience des flammes de Künig par exemple

milieu ? C'est là encore une expérience impossible, nous ne voyons jamais que des mouvements d'ensemble où la particule perd son individualité. Mais si la masse et l'accélération ne sont pas délerminables empiriquement, comment pourronsnous évaluer la force, qui est le produit de ces deux quantités ?

L'idée de force doit subir dans des cas de ee genre une modification profonde. Dans le langage de Newton, comme dans celui des physiciens modernes, les forces appliquées aux liquides, aux fluides, aux milieux continus en général, portent le nom de pressions, de tensions, plutôt que celui de forces propreprement dites. Nous admettons qu’un liquide enfermé dans un vase subit une pression sur toute sa surface, el que cette pression se transmet dans tout le corps jusqu'à ce que l'équilibre soit atteint. De même nous considérons que l’ébranlement de l'air, cause de la production du son, s'accompagne d’un état de {ension et de délente alternatives. C'est encore ainsi que Maxwell considère les phénomènes électromagnétiques comme résultant d’une tension ou d’une torsion de l’éther.

Dans tous les cas semblables, — et Newton en connaissait déjà un grand nombre —, la force apparaît comme une grandeur qui se propage en même temps que le mouvement. Il est impossible de concevoir que le mouvement-s'explique par une force éloignée du lieu où il se produit. Du moment que le mouvement, véhicule du son, se transporte d'un endroit à un autre, il faut que la force produëtive du son, c'est-à-dire la compression de l'air se transporte parallèlement. Pareillement la propagation des ondes liquides ne peut se faire sans une propagation de la force agissante, qui est liée à l’élasticité du milieu. L'extension à celte classe de problèmes de nos idées ordinaires sur la force va entrainer un perfectionnement de la notion de force elle-même. Il faudra admettre que la force, concue sous forme de pression dans le milieu, est non seulement l'indice du mouvement, mais encore son véritable satellite. Lorsque le mouvement gagne des régions nouvelles, la force se développe avec lui, et lorsqu'il rétrograde vers son point de départ, la force se replie en même temps.

On comprend alors, en faisant retour du cas de l'Hydrodynamique à celui de la Mécanique, que Newton ait pu, même

dans le cas des solides, songer à une propagation de la force agissante, Lorsque nous disons que cette dernière est dirigée vers un centre, cela veut dire aussi qu’elle émane d’un centre et l’on doit concevoir que les objets rapprochés du centre en ressentiront les premiers les effets. Par exemple, dans le cas de la pesanteur, il sera naturel d'admettre que l'attraction due à la masse de la terre s'étend progressivement du centre à la surface et peut atteindre en un temps suffisamment long les régions de l'espace les plus éloignées. Cette transmission physique de la force se fera tantôt rapidement, tantôt lente-” ment « selon l'efficacité de la cause qui la propage du centre ?». Dans le cas d’un fluide visqueux, elle sera directement observable à cause de sa lenteur. Dans le cas de la gravitation, elle sera presque instantanée ; mais partout elle sera réelle etil sera nécessaire d’en tenir compte.

Le développement de la Physique Mathématique après Newton devait amener, à propos de la définition des forces, une difficullé que Newton ne pouvait soupçonner. « La force imprimée, « dit-il au début des Principes, peut avoir diverses origines : « elle peut être produite par de choc, par la pression et par la « force centripète * ». Newton regarde comme évident que les forces déduites du choc, celles qui proviennent de la pression et celles qu'on nomme forces centripètes sont toutes de même nature. Il ne pouvait lui venir à l'esprit que les forces fussent parfois des quantités hétérogènes ou que la même force, définie différemment, pût avoir une mesure différente. Les pressions peuvent provenir d'une cause statique, telle que le poids d'une colonne de mercure leur faisant équilibre, ou s’engendrer d'une façon dynamique par l'accélération d’un piston. Les forces magnétiques peuvent ou bien provenir de l’action d'un aimant (forces magnétiques proprement dites) ou de l’acüon d'un courant électrique (forces électromagnétiques). Il n’est pas évident & priori que ces différentes générations de la force aboutissent au même résultat. C'est grâce aux renseignements

1. Principes, Déf. VILLE p. 6. « Enfin on rapporte la force centripète absolue au centre comme à une certaine cause sans laquelle les forces motrices ne se propageraient point...»

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