‹ La philosophie de Newton [microform]Chapitre 138 sur 208 · V. Gh. ï · texte numérisé non relu

V. Gh. ï

était arrivée à un [)oint où ce perfi^ctionnement était préparé. Kn oi)tique, et à plus forte raison dans les phénomènes électri(pics ou chimi(pies, il était impossible du temps de Newton de songer à api)liquer les procédés les plus perfectionnés du calcul. La science en était encore à cette phase où des observations numéri(iuement classées sont ce qu'on peut produire de plus utile. Loin de croire que les tableaux numériques dont Ne\vt(»n fait un si grand usage soi(Mit contraires aux tendances de la physicpie mathématique, il faut y voir im premier acheminement de la physique dans la voie du calcul. Ce sont les lois péniblement déduites de lexpérience par la conq)araison des nombres ([ui donneront i)lus lard les équations fondamentales sur lesquelles repose toute théorie.

D'ailleurs il est utile de résumer les expériences sous forme forme de tableaux numériques, non seulement parce qu'on prépare ainsi la découverte de lois nouvelles, mais parce qu'on vérifie les délinitions servant de base aux lois déjà connues. Si au lieu de se fier à une analogie lointaine entre la gravité et l'attraction magnétique, les physiciens précurseurs de Newton avaient évalué, pour des distances croissantes, les forces de l'aimant, ils auraient reconnu ce (jne la loi d'action de l'aimant a d'incompatible avec les lois delà pesanteur, ils ne se seraient pas dépensés en hypothèses stériles sur l'identité de la gravitation et d(î la force magnétique ^ De même les deux délinitions qu'on donni» d'ordinaire du pouvoir réfringent et du pouvoir rédexif ne sont pas indépendantes l'une de l'autre. Si nous construisons un tableau méthodicpie des différents corps classés par ordre de « réfrangibilité » nous verrons que sous certaines conditions et pour certains corps le tableau coïncide avec celui des « réilexibilités »-. D'où il suit que les deux propriétés physiques d'où dépendent la réflexion et la réfraction sont liées l'une à l'autre et que leurs définitions ne peuvent se faire arbitrairement. Ainsi soit (junne définition s'oppose à une autre, soit qu'elle fasse double emploi avec celle-ci, la comparaison des

1. V. Principes, L. IH, Prop. VI, Cor. V. « La force de la gravité esl d'un autre genre (\\w la force magnéliquc, car Tattraction magnélique n'est pouit comme la (juanlité de matière attirée, et eMe est presque en raison triplée des dislances, autant que je l'ai pu déterminer par des expériences assez grossières. »

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