‹ La philosophie de Newton [microform]Chapitre 155 sur 208 · Cf. Disc, (le la méth. 6* Partie · texte numérisé non relu

Cf. Disc, (le la méth. 6* Partie

LA PHYSIQUE EXPÉRIMENTALE ET L'HYPOTHÈSE ttl

idée abstraite h l'aide des données immédiates des sens. Les mathématiques qui jouent chez lui un rôle si différent de ce qu'elles font chez I>escartes, s'appliquent aussi à un objet différent. Car ce n'est pas un système d idées que Newton se propose de conslruire, système qui se trouvera comme par hasard représenter les faits, c'est un système d'observations portant sur l<\s faits eux-mêmes.

Alors la question ne peut se poser, comme elle se pose pour Descartes, ' de savoir si les lois physiques sont les lois d'un monde hypothétique ou si réellement elles peuvent s'appliquer au monde qui nous est donné. Nous sommes partis consciemment de l'expérience. Chacune des déductions que nous avons faites a été accompagnée d'inductions nécessaires pour maintenir l'acconl du calcul de l'expérience. Nous sommes donc assurés ipie le mécanisme algébrique n'a pas été appliqué en vain. Il ne peut pas arriver un moment où le calcul nous fournisse d'au Ires solutions que celles de la nature, puisque nous avons à cha(iue instant fondé nos calculs sur l'observation naturelle. On comprend donc que Newton ait regardé l'expérience, non comme un pis-aller, mais comme l'instrument indispensable de la science. Aussi bien l'expérimentation a-t-elle ses règles et ses j^rincipes. Elle est plus qu'un procédé de contrôle, (lie est une mélhode sans laquelle nos calcids ne signifieraient rien.

L'idée d'une mélhode expérimentale est le principal titre de gloire de Bacon. On pense trop souvent (pie Bacon n'a pas su tirer de sa méthode l'enseignement pratique qu'elle comportait. Il n'a su inspirer, dit-on, ses successeurs parmi lesquels Newton est le plus illustre, que par des conseils théoriques, non par des découvertes qui pussent servir de modèle. C'est une question q*ue nous allons examiner bientôt de savoir si Newton doit à l^acon toutes ses idées sur la méthode expérimentale. Mais on peut dire dès à présent que les résultats scientifiques obtenus par Bacon ne sont pas si insignifiants qu'on le croit d'ordinaire et qu'il a pu par ses exemples autant que par ses préceptes diriger les recherches de Newton.

Il a eu le soupcjon d'une attraction mécanique, de tous points

Page 1