Cf.Lect. opiic. L. II, P. IV, obs. XII
4. Cf. Lect. optic. L. II, P. II. « Atque haec quidem phsenomcna ex proprietatibus istis consequunlur (ut vides) necessario, et conveniunt cum eis, etiam ad minutissimas usque circumstantias, neque id solum, venim etiam ad eas ipsas vicissim comprobandas conferunt permultum ».
observe que la déduction mathématique doit se modeler sur l'expérience. La loi de la réfraction, telle que l'admettait Descartes, conduit à prévoir que l'image du soleil fournie par un prisme doit être circulaire. En fait elle est oblongue. Donc, « puisque nos prévisions répugnent à l'expérience, c'est que notre principe répugne à la vérité ^ ))Les expériences nouvelles que tente Newton font voir que la loi de Descartes est une approximation dont il ne faut pas abuser. Elle est plus vraie pour une lumière monochromatique que pour la lumière blanche et si l'on tient compte de cette distinction, la déduction géométrique redonne des résultats exacts.
En poussant à l'extrême l'idée de Newton, on pourrait presque dire que la certitude mathématique se ramène à la certitude expérimentale. Elle n'est en effet jamais complète, mais s'accroît à mesure que les vérifications augmentent en nombre et en importance. Ceci s'applique d'abord aux principes, mais surtout aux conséquences qu'on en peut tirer. Les conséquences même mathématiquement déduites de principes vérifiés , doivent être vérifiées à leur tour. On pourrait à la rigueur choisir arbitrairement (gratis assumere) les axiomes de la physique mathématique, pourvu qu'on s'astreignît à en véritier simplement toutes les conséquences-. Si nous préférons des axiomes certains, c'est-à-dire contenant déjà une grande part de vérité expérimentale, c'est que les vérifications s'en trouveront abrégées et facilitées d'autant. Mais dans un cas comme dans l'autre le rôle des faits demeure le même. Par ce qu'ils comportent d'aisément saisissable, ils permettent de contrôler la valeur de nos théorèmes ; par ce qu'ils comportent d'inconnu, ils donnent lieu à des suggestions nouvelles d'où naissent des théorèmes
nouveaux.
Les vérifications expérimentales qu'emploie Newton sont visiblement inspirées de l'esprit baconien. On sait l'importance qu'attachait Bacon à la méthode de variation des expériences. L'expérience isoléen'est jamais décisive, et s'y fier c'est risquer
. 1. Cf. Lect. optic. Ed. Clarke, Londres 1729, p. 83. « Sed prius répugnât expericnliaî, ergo posterius répugnât verilati ».
2. Cf. Lect. optic. p. 148 « Cum a veritate (hoc theorema) vix multum discrepare videatur, nihil veritus sum in prœsentia gratis assumere. Posthac forte vel experientia confirmabo, vel si falsum invenero, corrigam ».
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de «glisser vers lesconjcclures, les probabilités et les idoles». Pour que l'induction soit vraiment assurée, il faut quelle porte sur une série d'expériences où, le phénomène fondamental restant le mémo, les conditions accessoires varient. La a forme » que recherche la science jouit précisément de la propriété de rester invariable ([uaiid les circonslances changent.
Bien que les « formes » de 15acon ne soient |)liis l'obj^'t (h' la science newlonienne, on trouve dans les ouvrages de Newton uni' application constante de la règle de variation. C'est ainsi que le premier livre de VOptiquca toujoms été cité, ci h juste titre, comme l'application type de la méthode baconienne. Après avoir découvert l'existence du s|)ectre, Newton procède à une suite d'ex[)ériences destinées à révéler lorigiiu^ de cette anomalie : un objet circulaire donnant une image!) ou 7 fois plus longue que large. Il fait les hypothèses les plus variées sur la cause possible du phénomène, éloignement du prisme, position particulière de la lentille, dimension de la fente, etc. A chacune de ces hypothèses, même les moins vraisemblables, Newton fait correspondre une expérience où, toutes choses restant égales d'ailleurs, il agit soit sur le prisme, soit sur la fente. Malgré la variation des conditions de l'expérience, le résultat fondamental demeure le même. Alors seulement noiis sommes en droit de conclure que la dispersion est une loi naturelle qui vient se superposer aux lois de la réfraction.
Une fois la loi trouvée, il tant en développer les conséquences mathématiques et vérifier ces développements par des expériences nouvelles. Ici ce n'est plus la méthode de différence, c'est la mélhode des variations concomitantes que Newton va généralement préférer. Cette méthode se trouve déjà chez Bacon, au moins à l'étal implicite, dans son idée des Tables de Comparaison ^ Les tables doivent contenir tous les cas où la propriété dont on cherche la « forme ))se trouve « en plus ou en moins». Si par exemple nous étudions la chaleur et que nous enpressentons l'origine dansl'existence de mouvementscachés,
il faudra classer tous les cas où ces mouvements cachés sont plus ou moins violents, etvoir silachaleurquiy correspond est^ elle aussi, plusou moins intense. Kn optique, Newton a supposé,