‹ La philosophie de Newton [microform]Chapitre 164 sur 208 · Y. Principes, Ed. Cas'illoii. ï. II. p · texte numérisé non relu

Y. Principes, Ed. Cas'illoii. ï. II. p

delà physique, ces règles ne peuvent avoir pour but d'être directement applicables à chaque cas. Nécessairement abstraites et vides de contenu elles ne peuvent servir d'instruments de recherches. Leur utilité consiste surtout à donner des habitudes d'esprit.

La première règle énoncée par Newton rappelle l'axiome fameux de l'Ecole: Enlia non esse prœter necessilatem miclti' plicanda. « Il ne faut admettre de causes que celles qui sont nécessaires pour expliquer les phénomènes, car la nature ne fait rien en vain, et ce serait faire des choses inutiles que d'opérer par un plus grand nombre de causes ce qui se peut faire par un plus petit. »

L'origine de cette règle doit se chercher dans des raisons historiques. La première publication des découvertes de Newton touchant l'inégale réfrangibilité des couleurs avait suscité de vives critiques. Hooke, qui avait été chargé par la Société Boyale de faire le rapport d'usage^ sur la communication de Newton, conclut à la finesse de jugement de son auteur, à l'ingéniosité de ses expériences, mais à la fausseté de son hypothèse. Newton, disait-il, s'est contenté d'une théorie purement superficielle du phénomène. 11 a fait correspondre à chaque couleur un indice de réfrangibilité, et il a cru pouvoir dire que la différence des indices était la cause de la différence des couleurs. En réalité celte cause demeure, comme avant, inconnue. L'inégale réfrangibilité n'est qu'un « accident» -, elle n'est pas 1' « essence » du fait à expliquer. Une théorie véritable doit tenir compte de l'essence matérielle des rayons lumineux et ramcMier les effets de dispersion à un jeu d'actions

mécaniques.

Newton s'élève avec vivacité contre ce genre d'objections dans une lettre qui parut encore dans le courant de l'année 1672 '^ Quelle que soit 1 hypothèse mécanique par laquelle on

i Newton avait fait le 8 février 1672 la lecture de sa Théorie de la Lumière et des Couleurs dans une séance de la Société Royale de Londres.

<=> On trouve la même objection reproduite dans les Phil. TraJis. du «riuillet 1673, n«» 96. p. 6086, sous le titre : Epistola nuper scripta Lutetiae Parisiorum ab ingenioso quodam viro. in qua continentur animadversiones nonnXTn Newtoni doclrinam de Coloribus. L'auteur de cette lettre n est autre que Huyghens.

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