V. Plitl Trans. n
explique la lumière, et en supposant qu'elle puisse rendre compte du fait de la propagation rectiligne, on sera amené à chercher l'origine de la dispersion dans une variation de grandeur, de forme ou de mouvement des particules (pii composent les ravons. On sera donc conduit à envisager la lumière naturelie comme un assemblage de « rayons dissemblables », et puisque cette dissimililude primitive (primigenia^ inequalilales) fait que les rayons diffèrent en même temps par leur couleur et par Ituir réfrangibilité, je ne vois pas pourquoi, dit Newton^ ceux qui adhèrent aux hypothèses moléculaires chercheraient d autres causes à ces effets. L' « essence » matérielle de la lumière est à la fois hypothétique et obscure, et tout ce qu*on en pourra imaginer reviendra à lui attribuer une qualité identique à celle que lui attribue Newton : le pouvoir de se réfracter inéiifalement suivant la couleur.
H ressort de là que la règle de Newton, d'après laquelle il ne faut pas feindre de causes inutiles, a surtout une valeur polémique. C'est pour couper court une fois pour toutes aux objections de ceux qui l'accusent de faire coimaître non les essences, mais les accidents des choses, que Newton se refuse à admettre des essences, là où les accidents permettent d'expliquer les faits. On peut rattacher au même ordre d'idées la déclaration que fait Newton au début de son St/slème du Monde ^ Là aussi il se heurte à des objections factices contre la loi de la gravitation universelle. Rien ne prouve, lui dit-on, que l'attraction cosmique soit /a seule force qui s'exerce entre les planètes. Assurément la loi de la gravitation sulïit à rendre compte des mouvements célestes, mais ne se pourrait-ib pas que dans le monde solaire s'opèrent des translations d'ensemble dont la gravitation ne tient pas compte ? Il est possible, répond Newton, que des forces de translation existent, mais la situation relative des planètes n en reçoit aucune modification sensible. Or nous ne nous préoccupons dans nos recherches que de la cause d'effets sensibles. Une force dont l'action ne serait pas saisissable doit être considérée comme précaire et rejetée comme telle-. Elle n'a nul rapport avec les phénomènes. C'est une