‹ La philosophie de Newton [microform]Chapitre 91 sur 208 · V. Aslrononiia Sova, Ed. Frisch. T. IIL p. ioTol suiv · texte numérisé non relu

V. Aslrononiia Sova, Ed. Frisch. T. IIL p. ioTol suiv

tes de l'attraction magnétique. Si deux corps sont placés en présence à l'abri de toute influence perturbatrice, Képlerpense qu'ils doivent se comporter comme deux aimants élémentaires. Ils se déplacerontjusqu'à ce qu'ils occupent une position relative d'équilibre stable. L'influence du soleil sur les planètes surprenait Kepler,non parce qu'elle oblige les planètes à rester à des distancesquasi invariables du soleil, mais par la propriété mystérieuse d'engendrer des rotations continues et un mouvement des planètes dans le zodiaque. L'existence de semblables rotations impliquait aux yeux de Kepler un couple analogue aux couples mao"néti(jues. Le soleil est un aimant immense qui entraîne dans son champ des aimants plus petits, comme Mars et la Terre. Il faut alors que ces derniers tournent vers le soleil un pôle de nom contraire au sien. De là cette étrange théorie de Kepler d'après laquelle les planètes possèdent une face sympathique et une face hostile au soleil ^ Selon la position de ces faces aux différents points de l'orbite, les vitesses sont accélérées ou

retardées.

Ce souvenir des qualités occultes n'est pas ce qui a le plus nui aux conceptions de Kepler. La raison véritable qui l'a empêché de s'élever aux lois élémentaires de la gravitation est la coniusion où étaient demeurées pour lui les définitions fondamentales de la mécanique. Le principe d'inertie et la tendance de la matière à persévérer dans l'état présent lui étaient totalement inconnues. Il parle bien quelque part d'un axiome en vertu duquel les corps simples doivent avoir des mouvements simples et il ajoute qu'un dérangement du mouvement est l'indice de l'action d'une forcée Mais il n'a tiré au clair dans aucun de ses ouvrages le principe de l'indestruct'ibilité du mouvement et de la propagation rectiligne indéfinie du mouvement commencé. C'est l'obscurité des notions fondamentales jointe au préjugé aristotélicien qui a empêché Kepler de transformer ses lois en théorèmes de dynamique. La notion de la gravitation existe chez lui, il a môme formulé lidentité de cette force avec la pesanteur constatée à la surface de la terre. Mais pour tirer de ce rapprochement des conclusions fécondes, il fallait consti-

1. V. Epitome Aslronomix Copernicanœ, Ed. Frisch, T. III, p. 344.

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