‹ La philosophie de Newton [microform]Chapitre 99 sur 208 · Ibid. Théor. XIV. Cor · texte numérisé non relu

Ibid. Théor. XIV. Cor

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Newton. Les étoiles fixes sont toutes au repos, car, d'après les observations de llooke, elles conservent des positions invariables par rapport aux nœuds et aux aphélies des orbites ^ Il s'en suit qu'elles ne peuvent exercer sur notre système d'attractions sensibles eu égard à la distance. Si en effet le système du soleil se rapprochait ou s'éloignait de cerlaines étoiles, il faudrait qu'elles eussent, au moins à la longue, des parallaxes appréciables, contre l'observation constante des astronomes. Tout se passe donc comme si les étoiles étaient situées par rapport à notre système à une distance inlinie. Ceci veut dire que si elles exercent sur lui quelque action, cette action est présentement négligeable. Alors on peut dire que le système solaire est un système isolé. La quantité de force qui s'y trouve à un moment donné ne peut être modifiée d'une manière sensible par les actions sidérales. Son centre de gravité demeure en refX)S, comme lindique l'invariabilité absolue des mouvements sidéraux par rapport à ce point. En somme, le théorème du centre de gravité, qui est une des formes du principe de l'égalité de l'action et de la réaction, résulte pour le système solaire du fait que les apparences optiques permettent de vérifier Visolement de ce système.

Ce sont encore des arguments de fait qui montrent la validité du principe d'inertie dans le monde planétaire. Comme on vient d'établir le quasi-isolement du système solaire par rapport à toute action externe, on peut faire voir que chaque partie du système ne subit de la j)art des frottements intérieurs aucun retard sensible, et que les corps célestes une fois lancés sur leurs orbites suivent à chaque instant l'influence combinée des seules forces d'attraction et d'inertie. La démonstration employée par Newton est une démonstration indirecte. Il admet provisoirement le i)rincipe d'inertie et en déduit les lois mathématiques des mouvements planétaires. Puis comparjmt ces lois avec les observations, il cherche à voir si l'on peut mettre en évidence des erreurs systématiques.

Si le principe d'inertie ne se trouvait pas vérifié, deux sortes d'aberration pourraient se manifester. D'abord il serait possible que les planètes ne tendissent pas spontanément à se mouvoir

1. Ces derniers points eux-mêmes sont fixes, d'après les observations de Kepler.

en ligne droite et qu'une force autre que la force centripète contribuât à déterminer la courbure des trajectoires. Alors les orbites planétaires no seraient pas des ellipses, et la première loi de Kepler cesserait d'être vraie. Mais les observations sans cesse concordantes qui ont été laites depuis Kepler nous empêchent d'a.lmettre cette alternative. 11 est certain qu'à la précision près de nos mesures, et sans doute à une précision très supérieure, les orbites célestes sont des ellipses dont le soleil

occupe un des foyers.

Une autre espèce de perturbations est possible, si l'inertie des masses célestes n'est pas constante avec le temps. Alors le mouvement d'une planète qui s'échapperait de sa trajectoire cesserait d'être uniforme et rectiligne, et même pendant que la planète décrit son orbite, il serait possible de constater un décroissement progressif de son temps de révolution. Une pareille possibilité n'est pas absurde, elle est même aux yeux de Newton probable à priori. Nous savons que l'atmosphère terrestre e.Kcrce sur le mouvement des corps pesants une résistance variaiile, dont les effets sont à peu près les mêmes que ceux dune diminution d inertie. L'eau, le vif-argent et tous les ilui.les exercent un frottement considérable sur les corps qui se déplacent dans leur masse. Mais l'atmosphère terrestre n est pas limitée. Si l'air va se raréfiant avec la hauteur, il résulte du iirincipe de continuité que son action ne disparait à la ri-uour (pi'à l'iniini. ( »n doit se demander si la résistance opposé°e par les Ilui.les au mouvement des solides ne peut pas se manifester dans les mouvements séculaires des planètes. 11 pourrait se produire des effets d'amortissement analogues à ceux (lue Neuton étudie en détail dans le cas du pendule '. Alors il faudrait introduire en mécanique céleste les lois à peu près inextricables <le cet amortissement, ou supposer, ce qui revient pratiquement au même, que l'inertie des astres diminue avec le temps. Cette dernière façon de voir gagnerait en vraisemblance si l'on démontrait qu'il y a transport de matière d'une planète à une autre, et il y a des passages où Newton ne rejette pas d'emblée une semblable hypothèse ^ Quoi qu'il en

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