‹ La philosophie de NietzscheChapitre 8 sur 51 · W. VII · texte numérisé non relu

W. VII

LE CAUACTÉKE DE iMElZSCUE 15

certes pas le lait d'un cynique, mais indiquent plutôt une de ces âmes fîères qui répondent comme Zarathustra aux questionneurs trop curieux : « Tu me demandes pourquoi? Je ne suis pas de ceux à qui l'on puisse demander leur pourquoi M »

C'est bien, en effet, l'orgueil de l'individu libre et autonome qui sait ne dépendre que de sa seule volonté, qui a vaincu la souffrance, qui s'est montré supérieur au destin, — c'est cette fierté virile de l'homme respectueux de luimême qui constitue le trait essentiel du caractère de Nietzsche, comme il l'a indiqué lui-même dans ce bel apologue de son Zarathustra :

(juand le soleil marqua le milieu du jour, il jeta au-dessus de lui un regard interrogateur — car il entendait l'appel aigu d'un oiseau. Et voici ! Un aigle traversait les airs en décrivant de larges cercles et contre lui on voyait un serpent — non point sa proie, mais son ami : car il avait enroulé ses anneaux autour de son cou.

« Voici mes animaux ! » dit Zarathustra, et il se réjouit en son cœur.

« L'animal le plus fier qui soit sous le soleil et l'animal le plus sage qui soit sous le soleil — ils sont allés en éclaireurs.

« Ils voulaient voir si Zarathustra vivait encore. En vérité suisje encore en vie ?

« J'ai trouvé plus de périls parmi les hommes que parmi les animaux ; périlleuses sont les voies de Zarathustra. Puissent mes animaux me conduire !

Et lorsqu'il eut dit ces paroles, Zarathustra soupira et parla ainsi à son cœur:

« Si je pouvais être plus sage ! Si je pouvais être tout à fait sage, comme mon serpent !

« Mais je demande l'impossible : je demanderai donc à ma fierté de marcher toujours avec ma sagesse.

< Et si quelque jour ma sagesse me quitte : hélas ! elle aime à s'envoler ! — puisse ma fierté, alors encore, voler avec ma folie -! »

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