L^IDÉE, CAUSE FINALE
A cette hauteur, la métaphysique et la morale s'unissent dans la communauté d'un même principe, et c'est pour ainsi dire la moralité et la bonté des choses qui en explique l'existence. Toute qualité, toute essence, dérive du bien et n'est complètement intelligible que si on l'élève au degré de la perfection. Tout genre, toute loi, dérive du bien et n'est intelligible que par un modèle idéal qui est la perfection même. Tout mouvement, enfin, tout changement s'explique par un but idéal qui est encore la perfection. Il y a un principe qui se repose à jamais dans son unité et sa pureté, tandis que la nature inquiète le poursuit et le désire : ce principe est l'Idée.
L'Idée est donc la raison suprême de l'existence, comme elle est là raison suprême de la connaissance. C'est tout à la fois une forme de l'être et une forme de la pensée, par laquelle l'être devient intelligible et la pensée intelligente. L'être et la pensée émanent d'un même foyer; ce sont les rayons d'un même soleil intelligible ; et s'il y a partout harmonie entre rintelligence et l'existence, c'est que la pensée et l'être ne font qu'un à leur origine dans ce centre commun des Idées, qui est le Bien (1).
(1) Nous reviendErons sur la cause finale et sur la cause efficiente dans la Tbéodicée.